10 mai 2008
Une semaine aux sommets
Cette derniere semaine fut probablement une des plus intenses en émotion de notre voyage.
Et ce, a tout point de vue... Du sport, de l'extreme, des rencontres et une nature extraordinaire...
Pour bien démarrer, nous quittons La Paz pour Sorata, capitale bolivienne du trekking. Nous avalons ce jour la 120 km a vélo, bien aidés par une remontee en taxi du fond de la cuvette la pazienne (3 600 m) jusqu'a la ville toute proche d'El Alto (4 050 m), et par une superbe descente de 35 km dans la vallée de Sorata en fin de journée (de 4 300m a 2 700m). Jouissif ! Toute la journée nous contemplons la Cordillere Royale et ses nombreux 6 000m, en nous disant qu'il serait bon d'explorer tout cela de plus pres...
Cela tombe bien, de nombreux trekkings partent de Sorata ; il y en a pour tous les gouts et tous les physiques, de 1 a 10 jours... Notre choix s'arrete tres vite sur le tour de l'Illampu en 7 jours (merci a Hélene et Jérome pour leur recommandation).
Seul probleme de ce trek, sa mauvaise réputation : des bandits sévissent autour du lago San Fransisco, au 5eme jour du Trek... Info ou intox ? Légende urbaine ? Lard ou cochon ? En visitant quelques blogs, nous tombons sur des récits de touristes partis en solitaire, obligés de se delester un peu...Reste a savoir de quoi. Les récits les plus alarmants qui nous sont rapportés parlent de sacs a dos, de vetements chauds et meme de chaussures... Ne nous sentant pas l'ame d'un Maurice Herzog ou des héros des romans de notre enfance (F. Roche), nous décidons de partir avec un guide dont on nous assure qu'il connaït bien le coin et les techniques d'amadouement des méchants... Il est aussi bon cuisinier et équipé d'une mule qui nous allegera le dos de quleques 50 kilos. J'ai nommé : BALTE (WALTER pour les gringos).
D'un guide de montagne comme les autres, il deviendra pour nous notre protecteur-nourrisseur et tres vite un véritable compagnon de voyage...Pour cela nous sommes aidés par le parcours : le 1er jour nous campons en effet á 4 100 m, a Lakatilla, petit village ou il vit en famille : nous découvrons ainsi la vie d'un village des Andes, vivant de l'élevage de quelques moutons gardés par les jeunes filles, et de la culture de pommes de terre. Evidemment point d'electricité, ni de route carossable : le ravitaillement se fait a dos de mule dans les villages les plus proches, a 4h de marche.
Arrivés a cette altitude, nous y resterons pour toute la durée du trek, évoluant entre 4 000 et 5 100 m. Chaque jour nous réserve son lot de magnifiques paysages et au moins un col, souvent a plus de 4 800m.
Dire que nous apprécions est un euphémisme : perspectives et points de vue, sommets enneigés, faune et flore, et nuages a nos pieds.
Le soir, il fait souvent froid mais nous sommes réconfortés par les bons petits plats de Balte, qui n'hésite pas a ajouter herbes et petits légumes frais finement coupés dans les classiques soupes lyophilisées, pates et riz.
Pour éviter les bandits, nous décidons de ruser et bouclons le tour en 6 jours au lieu de 7 afin d'éviter un bivouac dans la black zone comme ils disent... La descente vers Sorata nous offre de superbes vues vers la lac Titicaca qui nous attend...
Au retour de Sorata, nous décidons de repartir des le lendemain, direction Copacabana au bord du fameux lac navigable le plus haut du monde (3 820 m). Journée a vélo un peu longue et plus difficile que prévue (naïvement nous pensions la route plate et longeant le lac, que nenni !) mais au combien magique, comme ce lac sacré pour les indiens. Nous apercevons Copacabana, au moment ou le soleil s'enfonce dans le lac. Dernieres lueurs pour trouver un hotel...
Le lendemain, nous décidons de partir sur l'Isla del Sol a 2h en bateau de Copacabana. Petite ile de 2 500 habitants qui sera notre lieu de villegiature pendant 24h afin de reprendre des forces avant la route vers le Perou.
Nous quitterons la Bolivie au bout d'un mois... 1000 km parcourus a velo... sans compter ceux a pied, en camion, taxi, bateau ou combis (mini-bus d'environ 12 personnes). Que du bonheur !
A nous le Pérou avant notre retour dans un mois...
PS : Plus de photos dans l'album
01 mai 2008
Potosi - Sucre - La Paz : triologie bolivienne
Il faut bien reconnaitre que ces deux dernières semaines nous ont donné le sentiment d'avoir quelque peu eu tort... Celui d'avoir jugé un peu vite, que les villes boliviennes ne présenteraient pas grand intérêt, et que mieux valait "concentrer" notre exploration sur la nature exubérante d'un pays qui compte des sommets parmi les plus hauts de la planète, un altiplano à la nature unique, ou encore une jungle amazonienne impénétrable...
Oui si nous n'avons pas été décu jusqu'ici par la beauté des paysages boliviens, loin s'en faut et ce n'est pas fini, il faut bien reconnaitre que quelques villes boliviennes nous ont fait forte impression. Nous faisons donc volontier amende honorable et pour notre peine, vous présentons - il faut que justice soit faite - trois villes aux charmes bien différents... Pour ceux qui en veulent davantage, plus de photos dans les albums photos à gauche de l'écran...
Potosi, la colorée
Nous avons déjà évoqué le Cerro Rico, la "montagne magique" qui fit la richesse de la ville, de la Vice-Royauté du Pérou, et de toute l'Espagne toute entière pendant plusieurs siècles...
Cette splandeur passée a bien sûr marqué la ville, classée au patrimoine de l'UNESCO pour son centre ville à l'architecture coloniale admirablement préservée. Nous avons apprécié déambuler dans les rues grouillantes de Potosi qui sollicitent à chaque instant le regard :
- une facade rouge succède à une autre ocre ; de beaux blasons/armoiries décorent les portes des anciennes demeures des riches exploitants de la mine ; un balcon suspendu en équilibre depuis des siècles interpelle...
- ce sont aussi les perspectives de cette ville bâtie à 4000 m sur de multiples "collines" : un relief qui impressionne et qui a obligé les habitants de la ville à construire escaliers, passages et rampes... Les maisons jouent ici avec la pente au moins autant qu'à Montmartre ou San Francisco...
- enfin, les marchés, tiendas (boutiques) et nombreuses manifestations en tous genres (anniversaire d'un collège, procession, etc.) achèvent de rendre la ville VIVANTE...
Car si Potosi a perdu de sa superbe, de ses éviers de maison en argent massif et une partie de ses habitants (120.000 aujourd'hui contre 200.000 il y a quelques siècles) elle reste animée au pied d'un Cerro Rico qui continue de la faire vivre, même plus modestement.
C'est ce mélange de richesses passées et de modestie retrouvée qui rend à mon sens, cette ville si attachante...
Sucre, la belle bourgeoise
Capitale constitutionnelle et siège du pouvoir judiciaire, le centre de Sucre frappe par sa blancheur et son extrême tranquilité. Petite ville presque insignifiante sur le plan économique, Sucre est au coeur de la vie politique du pays. Bourgeoise, sereine et presque endormie, elle offre aux voyageurs un havre de paix pour quelques jours.
Nous étions installés un peu comme chez nous dans une pension tenue avec beaucoup de goût par un couple franco-suisse installé ici depuis 2 ans. A la Dolce Vita, toute une promesse, nous avons pu profiter de petits déjeuners sur une belle terrasse ensoleillée, d'un salon avec TV/DVD et nombreux films d'auteurs en francais/anglais, et d'un chat qui dort au pied du lit quand une petite indigestion indispose pour quelques heures... Bref, une vie douce à souhait, complétée par la rencontre de Richard et Maïté que nous remercions de leur accueil. Maïté travaille dans le campo bolivien pour une ONG belge, quand Richard peint le même campo et ses cérémonies ancestrales (le Tinku). Nous sommes tombés sous le charme de certaines de ses peintures. Pour un apercu de ses oeuvres et de ce qui nous rappelera bientôt notre voyage une fois installés à Lille :
http://www.richardbourgogne.com/VidaAndina.htm
http://www.richardbourgogne.com/TinkuMacha.htm
http://www.richardbourgogne.com/TinkuColquechaca.htm
La Paz, l'incroyable
L'arrivée à La Paz ne laisse personne indifférent. Installée au coeur d'une "cuvette" à environ 3600m, elle est la capitale la plus haute du monde... Lesquelles d'entre elles peuvent par ailleurs se targuer d'être bordées de montagnes éternellement blanches ?
Après plusieurs jours à traverser la campagne bolivienne, la découverte de La Paz impressionne par sa taille - qu'on embrasse pourtant d'un regard, par le mélange d'edifices anciens et modernes, et par la multitude de ses marchés en tout genre. C'est bien simple La Paz ne compte pour ainsi dire aucun magasin ou supermaché au sens ou nous l'entendons... Tout se passe dans la rue. Assez inhabituel pour une ville de cette importance... Petite exception qui confirme la règle : les boutiques pour touristes Gringos...
Mais assez parlé des cités. Demain retour à la nature : depart pour un trek de 7 jours dans la Cordillera Real...



















































