10.000 km à vélo à travers les Andes

Voyage à vélo à travers la Cordillère des Andes

27 mars 2008

Offre spéciale exclusive : voyagez gratuitement !!

Et si nous faisions un bout de chemin ensemble ? Une fois n'est pas coutume, nous vous enmenons dans nos bagages, afin que vous parcourriez la route avec nous. Pour ceux qui ont le temps, petit recit un peu plus long que d'habitude pour vous faire vivre grandeur nature (on augmente la taille des photos pour la peine) ces derniers jours de bicyclettes... Nous avons le temps : nous sommes confortablement installés à Salta, très jolie ville du nord ouest argentin... Nous enrichissons donc notre récit d'impressions et réflexions toutes personnelles... Installez vous confortablement, on n'est pas couché...

Après notre petite escapade à Tucuman, nous réenfourchons nos petites reines à Santa Maria, direction Cafayate. Sur le chemin, nous visitons les ruines de Quilmes, un des rares vestiges pre-colombiens significatifs du pays.

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Attention, rien à voir avec les prestigieuses cités incas ou olmèques plus septentrionales. Outre que le peuple Quilmès a donné son nom à la bière argentine la plus consommée (ce qui est une bien triste fin pour un peuple qui a connu une certaine prospérité - tiens, ca me fait penser aux magasins de sports qui développent des lignes de vêtements au nom d'un peuple et d'une langue encore bien vivants, Quechua, usurpation ?) cette petite visite nous fait prendre conscience qu'il y avait des habitants sur ce continent avant leur découverte par les Européens... Reflexion qui paraitra peut-être naive à certains... En fait nous n'avons pratiquement vu aucune trace des indiens depuis notre départ d'Ushuaia  : quelques évocations tout au plus dans de petits musées qui essaient de refaire vivre des cultures mortes depuis longtemps. Et pour cause, ils ont été méthodiquement massacrés pour la tranquilité des moutons et le développement des estancias, en particulier suite à la campagne du désert menée à la fin du XIXeme siècle à l'initiative d'un des plus grands présidents argentins (du point de vue argentin) : de la Roca. Avant cette campagne, environ 1/3 de la population du pays était composée d'Indiens. Les Argentins sont aujourd'hui fiers de leurs origines européennes (qu'ils revendiquent à plus de 97%), non sans un certain snobisme vis-à-vis d'autres pays beaucoup plus métissés comme la Bolivie ou le Pérou. Ces quelques lignes non pour juger de ce qui s'est passé, mais plutôt pour insister sur ce qui constitue une particularité importante de l'Argentine et explique une part de son Histoire : un très faible metissage de la population en comparaison de ses voisins, des yeux souvent tournés vers l'Europe et l'envie de traiter d'égal à égal avec les cousins européens (cf. le sport : foot bien sur, les Argentins suivent tous les championats européens sur le cable, mais aussi rugby comme la récente volonté d'intégrer le tournoi des 6 Nations plutot que le tri-nation l'a montrée). Pour revenir aux ruines, comme toujours dans ces visites, l'intérêt est moins dans les quelques pans de murs encore visibles, que dans les discussions avec le guide qui met tout cela en perspective...

Aprés une petite centaine de bornes donc, arrivée à Cafayate pour quelques jours. La ville et les alentours en valent la chandelle : bourgade charmante au pied des montagnes, entourée de vignes et de gorges (quebrada) multicolores.

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Figurez vous que c'est ici (entre 1000 et 2000 m d'altitude) qu'on produit parmi les vins les plus réputés d'Argentine. Bien sûr il y a Mendoza dont nous vous avons déjà un peu parlé. Mais l'ambiance est ici toute différente. Si nous voulions comparer  ce serait un peu Beaune vs Bordeaux : petite ville de quelques quadras très préservée entourée de vignes, quand la seconde est une très grande ville aux activités diversifiées mais au coeur d'une région viticole d'importance. Tout cela à l'échelle argentine bien sûr : si les domaines de Cafayate sont en moyenne plus petits que ceux de la région de Mendoza on trouve ici des exploitations comme la Bodega Etchart d'environ 3000 ha - propriété depuis quelques années du groupe Pernod Ricard.

Le roi du pastis n'est d'ailleurs pas le seul francais à avoir compris le potentiel que représentaient les vins argentins (et chiliens). Cela était déjà vrai au siècle dernier : la bodega "phare" de Cafayate est celle de Michel Torino, un Francais arrivé au XIX ème siècle - récemment revendue à des investisseurs sous le nom Bodega Esteco. Les ancêtres de Michelle Bachelet (présidente de la République du Chili) sont des viticulteurs pionniers venus acclimater pinot noir et chardonnay de ce coté de l'Atlantique. Après quelques décennies d'ignorance, on assiste d'ailleurs à un retour des Francais dans ces deux pays. Outre Pernod Ricard et la présence un peu plus ancienne de LVMH (Bodegas Chandon, Terrezas de los andes, Cheval des Andes), le fameux oenologue Michel Roland (vous vous rappelez le film Mondovino sorti il y a quelques années ?) et le groupe des 7 comme on l'appelle ici (notamment Nadine Rotschild, la famille d'Aulan, ex-Champagne Piper Heidsek, la famille Cuvelier, Catherine Péré-Vergé de la Cristallerie d'Arc déjà propriétaire en Pommerol, etc.) ont investi massivement dans la région de Mendoza. Le très prestigieux Chateau Lafite s'est lui porté acquereur de vignes au Chili (Bodega Los Vascos). Bref, les Francais réagissent pour ne pas se laisser dépasser par ces vins argentins qui étaient jusqu'ici exclusivement reservés à la consommation nationale (une grosse piquette pour accompagner les asados, inexportable) mais dont la qualité s'est ameliorée, permettant de tailler des croupières à nos Bordeaux trés chers en comparaison : le prix d'une bouteille de vin de qualité moyenne est ici de 2/3 €. Dans certaines de ces régions et en particulier à Cafayate, les journées chaudes (environ 30 degrés l'été) et les nuits très fraiches du fait de l'altitude, constituent d'excellentes conditions pour les blancs (le chardonnay pousse très bien ici mais aussi un cépage peu connu en Europe : le torrontès). Bref, l'Argentine possède toute la palette des vins à des prix moitié moindre que chez nous : depuis le gros rouge jusqu'aux vins primés dans les concours internationaux. Ajoutez à cela un marché domestique important, un marketing intelligent et vous comprendrez le succès croissant de la viticulture argentine.

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Du coup on s'en donne à coeur joie (avec modération vous vous en doutez). Les dégustations vont bon train, mais nous sommes plutôt décus - surtout par les rouges dont le cépage roi est ici le Malbec - peu habitués que nous sommes au gout souvent "vanillé" qui les caractérise... Cf. notre post culinaire récent...

Nous consacrons ensuite un jour à visiter la Quebrada Las Conchas (dite de "Cafayate"). Elle se trouve sur la route pour Salta mais nous avons décidé pour rejoindre cette dernière de passer par une autre vallée (la vallée Calchaqui, la Quebrada Las Flechas et la ville de Cachi). Trop dur de faire un choix entre les deux : ce sera les deux. Avant de quitter Cafayate nous embarquons donc les vélos sans bagages dans un bus local pour la quebrada Las Conchas et revenons tranquillement à notre point de départ (recompense : une délicieuse glace aux vins blanc/rouge, exclusivité mondiale)...

Les 60km que nous parcourons nous font passer par toutes les couleurs... Rouge, vert, bleu, jaune, ocre, une véritable palette d'artiste... Petit apercu en images bien pâles en comparaison de la réalité...

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Aprés un petit jour pour nous remettre de nos émotions et profiter de l'ambiance trés paisible de la ville, nous repartons en direction de Cachi. Cette route, non asphaltée et pour le moins "capricieuse", nous rappelle notre petite virée vers Uspallata/Bareal au départ de Mendoza: un gros détour pas facile (même dénivelée) qui reste un des plus beaux parcours de notre voyage...  Impossible de regretter la route directe et asphaltée par La Vina devant tant de beauté et de charmes. Jugez plutôt.

Il y a d'abord la tranquilité des lieux rencontrés : petits villages cartes postales tout blancs et leurs vieilles églises, ou petits pueblitos oubliés de quelques maisons en adobe (torchi). En séchant quelques piments ou en entretenant un petit troupeau de chèvres, leurs habitants arrivent à survivre dans une vallée pourtant très aride. L'irrigation permet par ailleurs de faire pousser quelques fruits succulents (pêches, raisins, pommes).

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En ces jours de semaine sainte nous profitons par ailleurs de l'effervescence suscitée par la grande fête chrétienne. Point de cloches ici, ni d'oeufs à chercher dans le jardin. Pâques n'est ici pas (encore ?) devenue la grande fête paienne que nous connaissons (même impression à Noël) : chemins de croix à la tombée de la nuit avec procession des habitants du village, reconstitution grandeur nature de la passion du Christ, etc. Ca fait un choc quand on "tombe" sur un peplum en pleine campagne sur une route ou nous ne croisons que très peu de voitures : dizaines de figurants, centaines de spectacteurs et, caméras locales... 

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Et puis il y a les paysages... La progression est lente, pas seulement en raison du sable qui nous oblige à pousser quelques instants la bici... Les pauses photo sont nombreuses et l'emerveillement nous surprend à nous rendre euphoriques à plusieurs reprises... Sensations très fortes donc, dont voici un petit florilège...

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Lorsque nous arrivons à Cachi la veille de Pâques nous n'avons plus qu'une chose à faire : de beaux rêves en essayant de redonner vie aux images qui restent gravées... D'autres nous attendent encore au réveil : lever de soleil et coucher de lune sur les montagnes.  La journée s'annonce magnifique : Cachi est une synthès de la beauté rencontrée ces derniers jours. Village pittoresque et préservé entouré de paysages de rêve... En prime, un succulent déjeuner offert par Marie-Jo et André. 

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Le lundi, c'est reparti ! Pour rallier Salta, nous devons franchir une jolie chaine de montagne. Le col Piedra del Molino nous attend à 3350 m d'altitude. Un petit coup d'oeil à l'altimètre nous indique que Cachi n'est "qu'à" 2200m, une journée de grimpette en perspective... Après une petite aventure qui pourrait s'intituler "le coup de pompe" (un vol sauvage de notre cher infleador pendant la nuit et un arrachage de phare avant bien difficile à comprendre), nous commencons notre ascension vers le parc national los Cardones (le nom des grands cactus locaux) et la fameuse recta tin tin (une grande ligne droite tracée par les Incas de 20 km). Changement progressif des paysages, de moins en moins de végétation...

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Ca monte, ca monte mais finalement assez progressivement (+1100m en 55 km)... Bon on n'entend quand même tout à fait disctinctement les moteurs des voitures qui nous doublent en donnant tout ce qu'elles peuvent ("on l'entend bien le moteur hein !?"), et doublons quelques 504 qui n'en peuvent plus et qu'il faut refroidir quelques minutes. Quant aux Renault 12 elles sont prises en charge par les pick up... Et puis c'est le petite moment d'euphorie lorsque nous arrivons au col vers 15h, relativement frais finalement... On se fait un peu applaudir, des touristes anglais se font photographiés avec nos engins, et nous profitons d'un déjeuner bien méritié... Le baromètre indique 681 mbar, la température presque 30 degrés et l'altimétre 3400m...

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La journée pourtant déjà intense est loin d'être terminée. Une petite descente de 70 km nous attend. Ripio puis asphalte, la vallée encantado et la cuesta del obispo s'étendent à nos pied... Pas trés impressionnant de là haut, de gros nuages montent depuis la vallée. Ce phénomène se produit tous les jours : beau le matin, puis nuageux au fur et à mesure que la journée avance, la vallée de Salta étend beaucoup plus "tropicale" que celle un peu désertique de Cachi... Nous nous enfoncons dans les nuages sur le versant à l'ombre (adret ou ubac ? une bière à celui qui se souvient de ses cours de collège sans regarder dans le dico...) : forte impression un peu comme une descente d'avion quand on se retrouve au dessus, puis dans et enfin sous la couverture nuageuse. Enfin sans carlingue ni pressurisation. Les 6 sens en éveille quoi... Bizarrement le termomètre descend encore plus vite que nous et se retrouve en moins d'une heure autour de 10 degrés. Puis remonte brutalement autour de 20 degrés ; vallée humide tout aussi magnifique quoique complètement différente...

Journée Vivaldi : four seasons in a day... 

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Le début de la descente : l'été

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Automne sur les route normande ?

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Collection Hiver 2009

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Oh le joli printemps...

Aller encore quelques unes...

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Arrivée le soir à El Carril à 36 km au sud de Salta. Nous sympathisons avec de gentilles dames dans le centre ville qui nous trouvent un endroit pour dormir dans cette petite bourgade sans charme (qui vit des plantation de tabac) et surtout sans "hotel". Petit bilan de la journée : près de 130 bornes, +1200m, -2200m, 4 saisons, tous les degrés entre 10 et 30, un copain cyclo hollandais, les pieds mouillés en fin de parcours, quelques dizaines de belles photos et BEUCOUP BEAUCOUP de PLAISIR...

Petit cadeau de notre copain de l'autre pays du fromage : notre seule photo de nous 2 en train de rouler...

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Bon retour chez vous...

PS du service commercial : Si vous êtes satisfaits de votre voyage, dites le nous en utilisant le champs commentaire ci-dessous. Sinon, nous vous invitons à venir pédaler avec nous...

PPS de Pierre et Olivia : gros MERCI ! pour les commentaires et mails...

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24 mars 2008

Buen Aprovecho !! (Bon Appétit !!)

Lors d'un voyage long et un peu sportif, la nourriture est un élément important de la vie quotidienne... Nous avons voulu dans ce post vous faire part de nos différentes expériences culinaires que ce soit à vélo ou au resto ! A table !

Notre petit périple est d'abord l'occasion d'améliorer notre pratique de la cuisine au feu de bois et au camping gaz. Même si c'est un zero faute pour Pierrot pour les allumages des feux (même par temps de grosse pluie avec bois mouillé), je vous avoue que je n'ai pas été la plus créative en terme de recettes culinaires.

Pour les repas du midi, nous ne nous lassons heureusement pas de nos fameux sandwitchs mayo-jambon-fromage ou mayo-thon. Ils se terminent souvent par les fruit de saison ramassés ou achetés sur la route (pommes, poires, framboises et cerises)...Quelques fois c'est le grand luxe, nous finissons la ratatouille, la salade de riz ou le poulet grillé cuisinés la veille.

Quant aux repas du soir, nous redecouvrons le goût de la polenta (c'est meilleur que la mousseline), aux oignons finement coupés et grillés par Pierrot, agrémentée d'une sauce tomate et d'herbes de provence comme il disent ici (persil + ail). C'est le meilleur rapport temps de cuisson (sans les oignons) / saveurs que nous ayons trouvé : idéal quand nous sommes affamés et exténués ou quand la bouteille de gaz arrive à terme. Nous n'echappons pas non plus aux traditionnels plats du campeur : les pâtes aux différentes sauces lyophilisées. Mais qu'elles soient au fromage, aux épinards ou carbonara... au final, elles ont toutes le même goût ! Dans le top 5 des repas les plus indigestes, on mettra sans constester les gnocchis trop ?/pas assez ? cuits, et au goût de savon !

Entre cyclistes féminines (oui je sais, la femme s'est émancipée de ces taches ingrates mais bizarrement les mecs parlent "vélo" et les femmes "cuisine" quand on en vient à partager les tuyaux), nous nous renseignons sur ce que mangent les autres en route... Histoire de trouver le plat original qui change un peu. Mais au grand desespoir de toutes, il n'y a finalement pas beaucoup de variantes possibles. D'ailleurs si vous avez quelques idées, n'hésitez pas à me les soumettre...

Heureusement, les arrêts dans les villes nous permettent de goûter aux secrets de la gastronomie argentine. En voici un petit apercu (désolée, sans odeurs ni saveurs !) :

Les plats :

- Le boeuf

Si vous êtes végétarien, l'Argentine ne sera pas votre destination culinaire favorite. Vous risquez même l'anorexie ! En effet,  l'Argentine est avant tout le pays du boeuf, qui n'a rien à envier à notre charolais. Les troupeaux de boeuf en liberté peuvent brouter tranquillement l'herbe de la pampa avant de se retrouver dans nos assiettes. La viande est tendre et souvent cuisinée en asado (barbecue). Je n'ai jamais mangé autant de viande que pendant ces 4 mois réunis, un vrai régal. Et les portions sont énormes : on vous sert rarement moins de 300g de viandes, accompagnées le plus souvent d'une salade mixte laitue-oignons-tomates. Les meilleurs morceaux sont le bife de chorizo et le bife de lomo, proches de notre côte de boeuf grillé et du pavé.

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Nos fameux "steack/frites" sont ici remplacés par les "milanesa con papas fritas", une sorte d'escalope panée très fine (milanaise)... Plat bon marché qui se commande dans n'importe quel restaurant, bouiboui ou station service...

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Les Argentins sont également friands des abats. Commandez une parillada et vous aurez sur votre table un petit grill réchauffant boudins noirs (morcilla), saucisses, ris de veau, rognons, tripes, etc... Nous avons testé plusieurs fois et nous sommes toujours régalés !

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En Patagonie, on trouve beaucoup de mouton et d'agneau sur les cartes - ce fut un de nos meilleur souvenir dans l'Estancia Viamonte. Le mouton est alors cuit en entier à la verticale, crucifiés sur les braises. On se souviendra bien sur de la fête de l'asado à Cholila !

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- Le locro

Le locro est un plat régional du nord de l'Argentine. C'est un plat traditionnel longuement mijoté, mi-soupe, mi-cassoulet, où les grains de maïs écrasés se mélangent aux haricots blancs... Il a l'avantage de tenir au corps...ce qui est appréciable après une bonne journée de vélo !

- Les empanadas

Les empanadas sont des chaussons fourrés d'une farce salée. Ils en existent de nombreuses variétés mais sont souvent au fromage, à la viande, au poulet. Rapide, efficace et bon marché...

- Les humitas ou tamales

On trouve surtout ces plats dans la région du nord ouest de l'Argentine. L'humita est un peu comme de la purée de maïs cuite à la vapeur dans la feuille de maïs. Le tamal est comme l'humita, un peu plus petit, et fourré à la viande.

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Les desserts :

- le dulce de leche

Les Argentins en raffolent ! Tout comme moi... Il s'agit tout simplement d'une confiture de lait. Les Argentins en mettent partout : sur des pains, les flans, dans les croissants, les pancakes ou encore dans les fameux alfajores (doubles biscuits remplis de dulce avec copeaux de coco). Et même dans les glaces... Pour les fans, on peut même le manger à la petite cuillère. Bref, c'est un peu notre Nutella !

Petite photo des faiblesses de Pierrot : Les alajores au dulce de leche

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- le budin de pan : identique à notre pudding au pain rassi. Sauf qu'ici, il n'y a pas de raisins et on les recouvre d'une bonne couche de dulche de leche/caramel !

- Les glaces

Impossible d'y échapper ! Les Argentins en raffolent et chaque petite ville a son glacier sur la place. Que ce soit au bon glacier traditionnel ou au fast food de la glace, je crois que nous aurons goûté à tous les parfums !

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Les boissons :

- Le Mate

La première boisson consommée par les Argentins est le Mate, infusion d'herbe medicinale assez forte (et parfois de coca). Le moment du mate est un moment de convivialité et de partage en Argentine. Il se boit à n'importe quelle heure de la journée et de préférence entre amis. La préparation du maté consiste à deposer dans une petite calebasse, herbes et  sucre, le tout arrosé d'eau chaude. Il se boit avec une pipette et les argentins se passent le maté entre eux. A ce qu'il parait, le maté a differentes vertus : laxative, coupe faim, antioxidant... Nous ne sommes malheureusement pas fans (amertume) pour connaitre tous ces bienfaits et préférons continuer à boire notre traditionnel thé, café ou chocolat chaud...

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- Bien sûr, le vin !!

4ème producteur vinicole au monde, l'Argentine possède d'excellents vins : On trouve ici différents cépages comme le cabernet sauvignon, les merlots, les malbecs, les tannats, les syrahs pour les vins rouges et le torrontes, le chardonnay pour le blanc. Ils produisent quelques pétillants assez bons. En revanche, notre palais, peut être trop habitué au saveur du terroir francais, trouve le vin argentin un peu vanillé et flatteur. Ce qui nous choque, c'est que les bodegas produisents en géneral tous les types de cépages, sans distinction de ce qui est le plus adapaté au terroir... On lit assez souvent sur les pancartes : "et maintenant, aussi disponible : champagne, syrah, etc". Comme si les bodegas ajoutaient de nouveaux produits à leur catalogue sur simple décision marketing... Du coup, pas mal d'artifices pour obtenir des vins un peu standardisés (copeaux de bois depuis bien longtemps, oxygénation, etc.). Bien différent de notre logique d'appelation d'origine contrôlée basée sur les aires géographiques et les particularités du terroir. Enfin, tout cela est beaucoup mieux expliqué dans le film Mondovino que je vous invite à voir ou revoir.

- la Bière

On en trouve partout et de toutes les marques, à la fois nationales (Quilmes, Salta) ou internationales (Budweizer, Stella Artois, Heineken). Pour les chtis que nous sommes, pas trop de dépaysement de ce côté là !

Bon je m'arrête là vous n'avez surement plus très faim... J'aurais pu parler de l'influence italienne (pâtes et pizzas se trouvent en abondance mais nous avons essayé d'eviter...), des confitures régionales aux saveurs que nous ne connaissons pas (Cayote, baies de Cafayate, et autres fruits rouges) et du fromage de cabrita/chèvre mais c'est un mauvais souvenir digestif pour moi...

Je ne sais pas ce que la gastronomie bolivienne nous réserve... En tout cas, l'argentine sera difficile à égaler...

Bonne digestion...

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17 mars 2008

On ne perd pas le Nord !

Depuis notre dernier post à San Jose de Jachal, nous avons parcouru environ 800 km dans le Nord de l'Argentine, difficile de les resumer en quelques lignes... En voici tout de même un bref apercu.

Première étape : en route pour Chilecito. Nous traversons de verdoyantes vallées et gravissons quelques cols comme le magnifique col de la Miranda aux couleurs contrastées, entre montagnes enneigées et roches rouges.

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Nous pouvons pédaler des heures dans cette steppe aride sans rencontrer âme qui vive...Mais il y a toujours de l'animation sur la route : passage d'animaux, barrage naturel ou même barrage humain sur une route où ne passe qu'une voiture maxi par heure !

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Nous apercevons en route des champs de cactus qui ont plus d'une centaine d'années. Appelé egalement cardón, les Argentins utilisent le cactus desséché pour son bois (construction, meubles, objets artisanaux...)

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Dans ces deserts arides, les villages sont de véritables oasis grâce à leurs canaux d'irrigation qui quadrillent les alentours et permettent de faire pousser arbres fruitiers (pommiers, poiriers) et vignes. Certains pueblitos ne sont constitués que de quelques maisons en adobes (construction briques et torchis) qui laissent apparaitre parfois un style architectural colonial. Nous y ferons cependant toujours d'excellentes nuits, tantot derrière la station essence, tantot sur le terrain de l'église (après autorisation duement demandée auprès de la présidente de l'association paroissiale), ou encore à l'ombre de la caravane sanitaire (des cordons sanitaires sont mis en place par les chambres d'agriculture régionales pour éradiquer certains insectes nuisibles à la production de fruits). 

En chemin, nous traversons le petit village typique de Londres, bien différent de la capitale anglaise !

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Arrivés a Santa Maria, nous laissons nos vélos pendant 2 jours pour découvrir la Vallée de Tafi et la "sophistiquée" ville de Tucuman, dixit le Lonely Planet (nous n'avons pas vraiment compris pourquoi...). La vallée de Tafi nous met la tête dans les nuages avec son col à 3 800 m et ses 2000m de denivelés. La végétation est luxuriante voire tropicale tant l'humidité est présente dans l'air. Puis, nous traversons des champs de cannes à sucre et des sites industriels pour enfin arriver à Tucuman. Avec son petit air colonial, Tucuman est quand même la 3ème plus grande ville du pays après Buenos Aires et Cordoba. C'est egalement ici que fut déclarée l'indépendance de l'Argentine le 9 juillet 1816.

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Nous approchons peu à peu de Salta ; la frontière Bolivienne ne sera alors plus qu'à 400 km... Mais il nous reste encore beaucoup de paysages et de villes à découvrir comme la région de Cafayate, connue pour ses bodegas et ses quebradas (les gorges de Cafayate et la vallée Calchaqui)...

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09 mars 2008

La bicyclette et le 6ème sens...

Quand nous avons annoncé notre intention de partir 6 mois à vélo à travers l'Amerique du Sud, les réactions furent bien sûr... enthousiastes ! Nous lisions cependant dans les regards presque toujours perplexes du plus grand nombre : l'Amerique du Sud - très bien ! mais pourquoi diable à vélo !

Je ne parle pas de ceux, assez nombreux finalement, qui furent assez francs (merci à eux) pour nous dire : "mais vous êtes fous... pourquoi en baver quand vous pouvez aussi bien partir sac au dos, ce qui vous permettrait par ailleurs de visiter PLUS de pays, de découvrir PLUS de contrées, en vous "fatiguant" MOINS..." Et c'est vrai qu'en changeant de mode de transport, s'offraient à nous les plages et la culture brésiliennes, le carnaval de Rio, les chutes d'Iguazu, l'Equateur ou bien encore, pourquoi pas, d'autres continents...

Il y avait enfin ceux qui doutaient de la faisabilité même du projet et de la force de nos mollets, et qui espéraient que Mark Twain aurait, une fois encore, raison : "Ils ne savaient pas que c'etait impossible, alors ils l'ont fait".

A ces perplexités diverses - et diversement exprimées - nous ne pouvions que répondre (espérer) que notre choix était guidé par l'intuition que notre voyage serait ainsi... différent. Je ne dis pas "meilleur" ou "plus beau", autant de qualificatifs qu'en matière de voyage et d'expériences humaines il serait bien vain d'employer, mais bien different, ou encore nouveau pour nous, et finalement, assez proche de ce que nous voulions réaliser : un bout de chemin ensemble, quelque part loin de nos habitudes ; un détour entre Paris et Lille qui nous permette de ne prendre, pour une fois, ni l'autoroute A1 et ses 220 km parcourus en 2h, ni le TGV et son heure de trajet. Je précise les temps de parcours pour tous ceux (non nordistes) qui penseraient que notre installation à Lille les dispenserait de nous rendre une visite pourtant si facile et tant espérée.

Avant notre départ, un voyage à vélo représentait pour nous notamment le triple avantage (oui je sais je suis allé à bonne école) :

- de ne pas aller trop vite. Ce que, après quelques mois a pédaler nous pouvons vous confirmer. Nos moyennes parlent pour nous : entre 10 et 20 km/h suivant l'état de la route, il est vrai jamais optimal dans ces contrées où il faut compter avec le revetement, les conditions climatiques, et le degré de la pente... Nous avons été frappé de constater comme les routes parcourues à vélo restent gravées précisement dans nos mémoires, alors que des quelques trajets effectués en bus, ne restent que quelques flashs.

- de faciliter les rencontres et les échanges tout au long de la route en suscitant la curiosité. Là encore, il ne se passe pas un jour sans que nous ne nous fassions aborder dans la rue par des Argentins/Chiliens contents de discuter quelques instants, ou autres cyclo-touristes (presque toujours Européens cette fois) avec qui nous partageons impressions et conseils pratiques. Les jours passés sur le vélo nous offrent des dizaines de coups de klaxons, de signes de la main, d'encouragements, de propositions de ravitaillements en eau/jus, et de rires au son du klaxon d'Olivia (un pouet pouet magique qui produit un effet hilarant dans 100% des fois où il est pressé) ; ou encore parfois de discussions sur les meilleurs itinéraires, les motivations de notre voyage, le changement climatique, notre pays la France, les problèmes de l'Argentine et les espérances que suscite Christina chez les plus pauvres.

- enfin, de structurer notre voyage en lui donnant du liant, un fil rouge (oui oui comme celui de Simone Garnier) qui nous fasse vivre plus intensément le bel album photo que nous étions certains de nous constituer en voyageant par ici... Bref de vivre une aventure... pas gagnée d'avance... et à 2 ! Ah oui j'allais oublier cet autre aspect : relever un défi physique et humain en partant à la conquête de la plus longue chaine de montagne du monde, sans autres expériences que celles de nos tricycles (5 ans), bicross (13 ans) et vélib (28 ans).

Bien décidés et remontés comme des pendules, restait que notre pari n'etait pas gagné d'avance... Malgré toutes ces intuitions - bien confirmées depuis donc - une chose demeurait plus incertaine que les autres : allions-nous prendre du PLAISIR à parcourir ces montagnes A VELO ? Eh oui... Car ce n'est pas tout d'aller lentement et à deux à la rencontre du monde, encore faut-il que la bicyclette ne soit pas l'occasion de 4 à 6 heures de calvaire quotidien... Et c'est bien là, à mon sens, que résidait la plus grande part de la perplexité exprimée par certains : ok pour le rythme, l'aventure et le fil rouge... mais à quel prix ? Ce qui faisait sens rationnellement, devait AUSSI être vécu avec joie...

Après quelques mois passés à pédaler sur nos chemins de traverses, je crois pouvoir répondre à cette question (et je sais Olivia partager ce point de vue) : au prix d'un intense plaisir. Alors bien sûr vous aller dire : il exagère. Il va essayer de nous faire croire que c'est facile, qu'il n'y a jamais de moments de galères ou de doutes, et finalement que tout est rose bonbon... Pas du tout. Vous imaginez bien qu'il faut parfois serrer les dents dans les montées, que quelques cris de rage contre ce "@!#! de ripio ont jailli à plusieurs reprises, ou que les voitures, plutôt que de nous encourager nous frolent parfois à nous faire chavirer.

Ne cherchant à convaincre personne, ni même à régler mes comptes avec les autres moyens de transports - "Chacun sa route, chacun son chemin", nous serons nous mêmes très heureux de partir en vacances en auto à l'avenir - voici simplement quelques impressions toutes personnelles sur ce qui me donne du PLAISIR lorsque je suis sur le vélo.

Si je cherche à synthétiser toutes mes impressions, il me semble que le voyage à vélo modifie la perception, et pour ainsi dire, exacerbe les SENS. Non non je n'ai pas maché de feuilles de coca ce midi et vous allez voir, je suis certains que vous avez déjà fait cette expérience lors de balades à vélo sur des trajets pourtant parfaitement connus parce que pratiqués de nombreuses fois en voiture, bus ou même à pied : le regard est comme neuf, nous voyons des choses ou détails que nous ne voyions plus, le trajet est différent justement (je vous l'avais bien dit). 

Ce qui est évident pour la vue qui n'est altérée par aucune carosserie, vitre, voisin, etc. l'est plus encore pour le toucher. On ressent parfaitement à vélo de nombreuses sensations largement attenuées dans d'autres moyens de transport : force du vent, passage de l'ombre à la lumière, du chaud au froid, du mouillé/humide au sec, etc. Je pourrai ajouter la poussière, la fraicheur du matin et la douceur du soir mais vous aller dire que je m'emballe.

Mais ce n'est rien. Prenez l'ouïe par exemple. On n'entend presque rien lorsqu'on roule en engin motorisé (ou alors le bruit du moteur et les klaxons des autres) quand le vélo nous permet d'entendre les cours d'eau traversés, les cris des animaux que nous n'effarouchons pas, ou encore... le bruit du vent dans les rayons.

Et vous imaginez bien que c'est pareil pour l'odorat - combien de stops improvisés pour mieux caractériser une odeur apparue tout à coup : pin, lavandes, fruits (c'est comme cela que nous avons trouvé notre meilleur spot de framboises sauvages), gaz d'echappements ou pollution. Quant au goût, nous ne nous expliquons toujours pas avec Olivia que nous nous régalons chaque midi des mêmes sandwishs au jamon y queso y tomate y... mayonnesa. Oui, au risque d'enfoncer des portes ouvertes ou de paraitre onirique à certains, tout prend un goût différent à vélo...

Tout cela contribue selon moi à donner du relief (encore un peu plus) à ce voyage fait de montées abruptes sous le cagnard et sur le riprio et de descentes de plus de 10 km sans coup de pédales et face à des paysages splendides...

Mais il y a une autre source de plaisir un 'je ne sais quoi' qui vous pousse toujours plus loin. Comme une montée d'adrénaline, quelque chose de grisant qui rend la pratique du vélo... dangeureuse (pas seuleument pour les neuronnes comme le pense déjà certains) ; elle crée une forme d'addiction...

A titre de comparaison et pour ceux à qui cela parle, la pratique du vélo me fait parfois penser à celle de la course à pied. Quel plaisir prend-on à courir 20 km, ou un marathon ? Aucun, quand on ne pratique pas ce sport. On imagine plus facilement les joies qu'offrent d'autres sports : plaisirs de la glisse, du geste technique, de la maitrise d'un élement. A pied ou à vélo, peu de technique, encore moins de plaisir de glisse hormis quelques descentes... Et pourtant, lorsqu'on y a gouté, le désir de courir/rouler toujours plus, plus vite, plus loin n'est jamais très loin. Bien sur ce sentiment du franchissement d'une limite existe dans tous les sports, mais nous goûtons particulièrement cette sensation depuis maintenant 3 mois que nous pédalons... Finalement, nous pédalons beaucoup plus avec notre tête qu'avec notre corps... Ce dernier obéissant en definitive tres bien aux ordres de la première...

Et voilà le danger. Je me rememorre un neo-zèlandais croisé un soir autour d'une parilla et qui s'etonnait de la discussion de deux heures que nous venions d'avoir. Il nous disait avoir rencontré beaucoup de cyclistes au cours de son voyage (plus de deux ans) parfois incapables d'avoir une "discussion normale" (ce sont ses termes). Comme si l'horizon pourtant vaste d'un voyage à vélo s'était rétréci à celui du vélo, du bitume et des coups de pédales... Autre exemple frappant d'un américain croisé récemment et qui venait de boucler 8 mois de vélo à travers le continent américain : Anchorage - Ushuaia... 26 000 km en 8 mois ! Et de son propre aveu après avoir étalé ces chiffres et ajouté fièrement "crazy hein ?" : "nous sommes allés trop vite"...

Finalement tout ceci est assez paradoxal : loin de redouter les kilomètres, il nous faut freiner notre entrein (mais oui !) et gérer notre plaisir pour oser les détours, les pauses, les moments de respiration... Apprendre à user du sentiment de liberté intensément ressenti pour jouir quelques instants des paysages et prendre le temps des discussions et de la rencontre : voilà le réel défi de ce voyage... Est-ce cela le 6eme sens ?

Comme je le dis souvent, au propre mais plus que jamais au figuré : "Le but est dans le chemin" (J. Bodin)

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06 mars 2008

Le bonheur si je veux...

Au moment de quitter la douceur de vivre de Mendoza, nous avions le choix entre : une belle route toute droite, plein nord et goudronnée (soit la ruta 40, à ma droite, enfin à l'est) ; ou bien une route plus capricieuse, longue et partiellement non asphaltée (appelons-la 'la route de l'année' - en fait c'est son nom vous comprendrez pourquoi - à ma gauche, i.e. à l'ouest). Idée saugrenue mais lumineuse porposée par Olivia, et parfaitement en ligne avec ce que vous lirez dans un article à paraitre en exclusivité sur ce blog le 9 mars... Teasing...

Convenez que reprendre la route un 29 févrirer sans gouter à la route de l'année aurait été sacrilège... Celle-ci tire en effet son nom du nombre de ses virages pour atteindre un col situé à 3200 m. Histoire de vérifier que la DDE locale est bien en train de construire en toute hate un 366ème virage pour cette année bissextile... Outre le petit défi de parcourir +2400 m de dénivelé consécutif (puis -1000 m de descente non stop, puis +400m puis, enfin... vous avez compris, c'est cela une route capricieuse) nous privilégions ce parcours qui nous ménera dans les vallées d'Upsallata et de Calingasta, situées entre Cordillère des Andes et pré-cordillères, au pied des montagnes les plus hautes du continent (l'Aconcagua est le toit de l'Amerique avec près de 7000m). Vallées au decor saisissant, partiellement désertiques et hors des sentiers battus (nous avons compté sur certaines sections une voiture à l'heure)

Petites photos de notre carte pour visualer les premièrs étapes (cliquer pour agrandir). Pour le détail des km, temps de parcours etc., le fichier Excel est comme d'habitude dans la rubrique Notre Itinéraire...

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En un mot comme en mille, ces six jours de velo furent : PRODIGIEUX ! Par les paysages rencontrés, les efforts physiques déployés, le plaisir gouté... Pour plus de crédibilité (et d'efficacité), voici quelques images commentées en 7points (c'est biblique, même si ce blog n'est pas parole d'évangile).

1. Deux jours pour parcourir 100 km : soit 50 km de montée (au singulier, de 700 m à 3100 m d'altitude), puis 50 km de descente... Intenses moments dans les deux sens et, pourquoi le nier, petit moment de fierté entre les deux...

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2. Une petite crevaison en arrivant à Uspallata dans un camping mal nettoyé... Changement de pneu et de chambre à air, Pierre roule désormais avec un pneu de mauvaise facture made in Sri Lanka en remplacement de son Marathon XR Schwalbe de fabrication allemande (références données pour les amateurs connaisseurs de la réputation de cette rolls des pneus de randonnée). On passe très vite, comme la réparation expresse d'ailleurs, qui nous permet de repartir le lendemain matin à l'aube.

3. Direction plein nord dans la vallée d'Upsallata... Entourés de montagne et paysages désertiques pour plus de 100 km de ripio : arriverons nous à Bareal ou camperons-nous au milieu de nul part ? Nos réserves d'eau suffiront-elles pour ne pas subir le triste sort de cette Argentine morte de soif sur le chemin ? Nous résisterons à la tentation de lui piquer une de ses offrandes : des centaines de bouteilles d'eau pieusement déposées par les quelques passants... Nous croisons le Bareal Leoncito, excellent spot de char à voile, qui achève de nous assurer du caractère semi-désertique de la région...

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4. Puis nous bifurquons plein ouest dans une vallée étroite et assez 'menacante' dans un monde entièrment minéral que seul un cours d'eau egaye... La construction d'un barrage plus en aval a fait condamner la route 12 qui nous permetterait de rejoindre San Juan, capitale de la province. Le village de Pachaco, situé à deux km aprés le point de déviation a de ce fait été entièrement abandonné il y a deux ans et les habitants relogés... Impressionnant de voir comme la nature reprend vite ses droits. Nous y passerons cependant une excellente nuit sous les grands eucalyptus du jardin d'une jolie maison abandonnée mais dont le verger donnait encore de beaux fruits... Ils n'attendaient que nous pour être cueillis.

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5. Il nous faut sortir de ce "trou". Prisonniers de ce cul-de-sac nous rejoignons la route qui a été construite en remplacement de la ruta 12 : +1000 m de dénivelé et près de 35 km de montée avant de profiter de paysages tous aussi secs et mineraux. De jolies quebradas (gorges) entièrement à sec en cette période... Vue la largeur des lits, le débit doit être bien différent au temps de la débacle... Nous commencons à nous interroger sur notre lieu de campement pour le soir quand un petit bosquet d'arbres apparait... Surgissant de nul part, une eau thermale permet à la vie de reprendre ses droits sur quelques dizaines de mètres carrés. Après une bonne baignade dans l'une des 4 cabanes de torchi constuite dans les années 30 (soient les termes de Talacasta, attention les yeux), nous passerons une partie de la nuit a compter... Un violent orage éclate dans la vallée toute proche... Et dire que nous sommes sous les seuls arbres du coin... Stressssssss... Nous avions bien fait de faire une petite prière à Saint Exposito au col franchi dans la journée.

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6. Puis route pour San Jose de Jachal pour une étape record : plus longue, plus rapide, et plus monotone de l'histoire de ce blog : retour sur la route 40 que nous aurions pu ne pas quitter ! Plus de 120 km à 23 km de moyenne...

7. Alors notre choix n'etait-il pas le bon ? Nous en sommes intimement persuadés et cela nous guidera dès demain matin dans le choix de nos itinéraires... Après un jour de repos (le temps de réaliser que nous sommes tout juste à la moitié de notre voyage...) nous reprenons la route.

A bientot...

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Posté par Pierre et Olivia à 22:13 - 1. Argentine - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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