06 mars 2008
Le bonheur si je veux...
Au moment de quitter la douceur de vivre de Mendoza, nous avions le choix entre : une belle route toute droite, plein nord et goudronnée (soit la ruta 40, à ma droite, enfin à l'est) ; ou bien une route plus capricieuse, longue et partiellement non asphaltée (appelons-la 'la route de l'année' - en fait c'est son nom vous comprendrez pourquoi - à ma gauche, i.e. à l'ouest). Idée saugrenue mais lumineuse porposée par Olivia, et parfaitement en ligne avec ce que vous lirez dans un article à paraitre en exclusivité sur ce blog le 9 mars... Teasing...
Convenez que reprendre la route un 29 févrirer sans gouter à la route de l'année aurait été sacrilège... Celle-ci tire en effet son nom du nombre de ses virages pour atteindre un col situé à 3200 m. Histoire de vérifier que la DDE locale est bien en train de construire en toute hate un 366ème virage pour cette année bissextile... Outre le petit défi de parcourir +2400 m de dénivelé consécutif (puis -1000 m de descente non stop, puis +400m puis, enfin... vous avez compris, c'est cela une route capricieuse) nous privilégions ce parcours qui nous ménera dans les vallées d'Upsallata et de Calingasta, situées entre Cordillère des Andes et pré-cordillères, au pied des montagnes les plus hautes du continent (l'Aconcagua est le toit de l'Amerique avec près de 7000m). Vallées au decor saisissant, partiellement désertiques et hors des sentiers battus (nous avons compté sur certaines sections une voiture à l'heure)
Petites photos de notre carte pour visualer les premièrs étapes (cliquer pour agrandir). Pour le détail des km, temps de parcours etc., le fichier Excel est comme d'habitude dans la rubrique Notre Itinéraire...
En un mot comme en mille, ces six jours de velo furent : PRODIGIEUX ! Par les paysages rencontrés, les efforts physiques déployés, le plaisir gouté... Pour plus de crédibilité (et d'efficacité), voici quelques images commentées en 7points (c'est biblique, même si ce blog n'est pas parole d'évangile).
1. Deux jours pour parcourir 100 km : soit 50 km de montée (au singulier, de 700 m à 3100 m d'altitude), puis 50 km de descente... Intenses moments dans les deux sens et, pourquoi le nier, petit moment de fierté entre les deux...
2. Une petite crevaison en arrivant à Uspallata dans un camping mal nettoyé... Changement de pneu et de chambre à air, Pierre roule désormais avec un pneu de mauvaise facture made in Sri Lanka en remplacement de son Marathon XR Schwalbe de fabrication allemande (références données pour les amateurs connaisseurs de la réputation de cette rolls des pneus de randonnée). On passe très vite, comme la réparation expresse d'ailleurs, qui nous permet de repartir le lendemain matin à l'aube.
3. Direction plein nord dans la vallée d'Upsallata... Entourés de montagne et paysages désertiques pour plus de 100 km de ripio : arriverons nous à Bareal ou camperons-nous au milieu de nul part ? Nos réserves d'eau suffiront-elles pour ne pas subir le triste sort de cette Argentine morte de soif sur le chemin ? Nous résisterons à la tentation de lui piquer une de ses offrandes : des centaines de bouteilles d'eau pieusement déposées par les quelques passants... Nous croisons le Bareal Leoncito, excellent spot de char à voile, qui achève de nous assurer du caractère semi-désertique de la région...
4. Puis nous bifurquons plein ouest dans une vallée étroite et assez 'menacante' dans un monde entièrment minéral que seul un cours d'eau egaye... La construction d'un barrage plus en aval a fait condamner la route 12 qui nous permetterait de rejoindre San Juan, capitale de la province. Le village de Pachaco, situé à deux km aprés le point de déviation a de ce fait été entièrement abandonné il y a deux ans et les habitants relogés... Impressionnant de voir comme la nature reprend vite ses droits. Nous y passerons cependant une excellente nuit sous les grands eucalyptus du jardin d'une jolie maison abandonnée mais dont le verger donnait encore de beaux fruits... Ils n'attendaient que nous pour être cueillis.
5. Il nous faut sortir de ce "trou". Prisonniers de ce cul-de-sac nous rejoignons la route qui a été construite en remplacement de la ruta 12 : +1000 m de dénivelé et près de 35 km de montée avant de profiter de paysages tous aussi secs et mineraux. De jolies quebradas (gorges) entièrement à sec en cette période... Vue la largeur des lits, le débit doit être bien différent au temps de la débacle... Nous commencons à nous interroger sur notre lieu de campement pour le soir quand un petit bosquet d'arbres apparait... Surgissant de nul part, une eau thermale permet à la vie de reprendre ses droits sur quelques dizaines de mètres carrés. Après une bonne baignade dans l'une des 4 cabanes de torchi constuite dans les années 30 (soient les termes de Talacasta, attention les yeux), nous passerons une partie de la nuit a compter... Un violent orage éclate dans la vallée toute proche... Et dire que nous sommes sous les seuls arbres du coin... Stressssssss... Nous avions bien fait de faire une petite prière à Saint Exposito au col franchi dans la journée.
6. Puis route pour San Jose de Jachal pour une étape record : plus longue, plus rapide, et plus monotone de l'histoire de ce blog : retour sur la route 40 que nous aurions pu ne pas quitter ! Plus de 120 km à 23 km de moyenne...
7. Alors notre choix n'etait-il pas le bon ? Nous en sommes intimement persuadés et cela nous guidera dès demain matin dans le choix de nos itinéraires... Après un jour de repos (le temps de réaliser que nous sommes tout juste à la moitié de notre voyage...) nous reprenons la route.
A bientot...
Commentaires
Je rêve des fruits du village abandonné ! J'espère que vous avez pris plein de photos de ce dernier. Toujours un plaisir de vous lire. Bisous
Voilà votre aventure déjà bien entamée...et c'est toujours agréable de suivre à distance vos péripéties ! :-) bon courage pour les prochains coups de pédale et continuez à nous en mettre plein la vue avec vos beaux paysages
bisous
Char à voiles
Le char à voiles m'a fait penser qu'il faut vous informer que le film de Dany Boon, "Bienvenue chez les ch'tis" s'apprête à devenir un des plus grands succès de l'histoire du cinéma français et ça fait bien plaisir (5M d'entrées en une semaine) !
Bises et continuez de nous raconter si bien votre beau voyage.
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