10.000 km à vélo à travers les Andes

Voyage à vélo à travers la Cordillère des Andes

07 avril 2008

Goodbye Argentina !

Ca y est !!! Nous venons d'atteindre la Quiaca, ville frontière entre l'Argentine et la Bolivie.

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Plus de 5 000 km nous séparent d'Ushuaia, notre point de départ à vélo. Nous aurons parcouru plus de 4 000 km avec nos petites reines, soit plus des 4/5 du trajet. Pas mal pour les néophites que nous sommes.

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Nous voilà maintenant à plus de 3 500 m d'altitude. Nous resterons haut perchés pendant au mois 1 mois, l'altiplano bolivien variant entre 3 000 m et 5 000m.

Les 5 jours de vélo entre Salta et la frontière bolivienne furent plutôt spectaculaires en terme de route, de paysages et de climats !

Tout d'abord la route : Salta est à 1 200 m d'altitude. La Quiaca est à 3 500 m d'altitude. Soit un dénivelé positif de 2 300m que nous parcourons en 5 jours dans la magifique quebrada de Humahuaca (patrimoine mondial de l'humanité, même si nous n'avons pas besoin de cette reconnaissance pour apprécier la paysage). En photo souvenir, voici le point le plus haut que nous avons pour l'instant atteint : 3 780 m ! Des cacahuètes pour la suite en Bolivie...

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Ensuite le temps : Adieu petits T-shirt et cyclistes courts ! Le premier jour, nous partons de Salta sous la pluie battante. Heureusement sur notre parcours, nous rencontrons un poste de police. Petite discussion avec le policier, bien surpris de voir des vélos passés sur cette route (corniche entre Salta et Jujuy), le temps que la pluie se calme. Malheureusement, pas de répis pour nous. Ce jour-là, il a plu non stop jusqu'à notre arrivée à Jujuy.

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Les jours suivants seront menacants mais sans pluie. En revanche, avec l'altitude les températures rafraichissent beaucoup. Notamment le soir, quand les rayons du soleil ne sont plus assez puissants pour nous réchauffer. Cela change des soirées que nous avons connues les 3 derniers mois à cuisiner ou discuter dehors... Nous préférons donc délaisser la tente et profiter des hotels, auberges un peu plus confortables et surtout un plus chauds que notre carpette.

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Enfin, les paysages : Nous en voyons de toutes les couleurs ! Du vert pour les patures ou les vallées humides et luxuriantes, du rouge, jaune et ocre pour la roche, du blanc pour les sommets enneigés...

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Amazonie ?

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Long is the road...

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Fière allure.

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En route vers les sommets...

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Le petit canyon ?

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Le petit cheval dans la prairie...

 

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Quebrada de Humahuaca 1...

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Nice is the road...

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Cactus versus neige !

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Peinture acrylique sur montagne

C'est une véritable palette d'artistes et les villages que nous traversons ne sont en pas en reste, notamment Tilcara et Humahuaca.

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Les pauses dans les villages sont également bien appréciées pour reprendre quelques forces. Nous n'hésitons pas á faire le plein de fruits et légumes et Pierrot se régale avec une tortilla (pain rond et fin toasté) achetée dans la rue.   

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L'aventure se poursuivra désormais en terres boliviennes... Nous avons choisi de partir par Villazon et Tupiza et effectuer le magnifique voyage dans le sud Lipez en 4x4. Temps incertain et eau sur le salar d'Uyuni en cette fin de saison des pluies nous invitant à être prudents...

A suivre...

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02 avril 2008

Bonjour les cousins d'Argentine !

Arrivés à Salta, nous faisons une petite pause d'une semaine pour nous reposer, ce que nous ferons peu finalement : au programme visite de cette riche cité, vérification des "bici" et rencontre avec nos lointains cousins...

Pour une fois le temps est maussade (pluie et gros nuage). Il l'est en fait depuis janvier (micro climat salteno et saison des pluies obligent) et le restera jusqu'à notre départ. Nous en avions perdu l'habitude, ce qui ne nous empêchera pas de profiter des charmes de la ville.

Nous commencons par faire un petit tour du propriétaire et notamment du centre ville et des environs. Salta est riche en histoire et en architecture colonniale.

Salta Le Jour

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Salta La Nuit

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C'est également l'occasion pour nous de faire un check up global de nos vélos. Cela tombe à pic : le pneu avant d'Olivia vient de crever, plus d'infleador (pompe), et vitesses un peu "rouillées" ; et nous n'avions plus de roue de secours... Nous allons donc voir Ramon, un petit gars bien sympathique qui travaille dans une bicicleteria (boutique de vélo) et que nous avons contacté via les adresses de casa de ciclista. Une casa de ciclista est une maison tenue par un passionné de vélo et qui accueille à titre gratuit (mais sans aucun doute avec un retour de la générosité de ses hôtes) des cyclotouristes en voyage. Pas de chance pour nous, nous l'avons contacté trop tard...Plus de place pour nous... Les vélos réparés, nous sommes maintenant d'attaque pour parcourir la Bolivie et son altiplano à 3 000m / 4 000m sur des pistes cahotiques.

Mais surtout, Salta sera pour nous l'occasion de rencontrer et de passer quelques jours en compagnie de nos cousins bien lointains, Adriana et German qui habitent San Lorenzo, une bourgade toute proche de Salta et réputée pour sa nature préservée.

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Je dis "nos" cousins car pour ceux qui ne le savent pas encore, les 2 cyclos sont également cousins éloignés. Olivia comme Pierre font en effet partie de l'association Geneau de Lamarlière... Ca fait prestigieux comme cela mais il ne s'agit que d'une association familiale créée à la fin du siècle dernier et regroupant les descendants d'un laboureur du XVIIIème siècle : Augustin Geneau de Lamarlière (quelques milliers de membres à travers le monde tout au plus). Nous avons donc un arrière-arrière-arrière-arrière-arrière-arrière (André j'en oublie ?) grand-père en commun, comme beaucoup de lecteurs de ce blog d'ailleurs. Seulement pas de chance pour vous, il n'y pas d'association familiale pour vous prouver par A+B les liens de parentés...

C'est un peu pareil pour Adriana et German. Mais comment un cousin Geneau peut-il être argentin ? L'arrière grand-père d'Adriana a tout simplement traversé l'Atlantique à la fin du 19 ème siècle. Mais finalement peu importe le degré de parenté... Sans l'association Geneau de Lamarlière, nous serions passés à côté d'une très belle rencontre.

Nous avons passé de très bons moments en compagnie d'Adriana et de German. Que ce soit autour de l'asado familial du dimanche ou encore à l'heure du thé alors qu'il pleut toujours dehors, nous discutons de l'association et de nos liens de parenté pas toujours faciles à comprendre. C'est également l'occasion pour nous de mieux comprendre la vie en Argentine : tous les sujets y passent, depuis la crise argentine de 2001, jusqu'au conflit actuel entre les agriculteurs et le gouvernement, en passant par l'éducation scolaire, le régime politique, la chirurgie esthétique de Christina, etc...

Pour conclure,  UN TRES TRES GRAND MERCI A ADRIANA ET GERMAN POUR LEUR HOSPITALITE. Nous espérons pouvoir les accueillir aussi chaleureusement en France s'ils sont de passage chez nous. A ce qu'il paraît, la région du Nord est en ce moment à la mode...

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27 mars 2008

Offre spéciale exclusive : voyagez gratuitement !!

Et si nous faisions un bout de chemin ensemble ? Une fois n'est pas coutume, nous vous enmenons dans nos bagages, afin que vous parcourriez la route avec nous. Pour ceux qui ont le temps, petit recit un peu plus long que d'habitude pour vous faire vivre grandeur nature (on augmente la taille des photos pour la peine) ces derniers jours de bicyclettes... Nous avons le temps : nous sommes confortablement installés à Salta, très jolie ville du nord ouest argentin... Nous enrichissons donc notre récit d'impressions et réflexions toutes personnelles... Installez vous confortablement, on n'est pas couché...

Après notre petite escapade à Tucuman, nous réenfourchons nos petites reines à Santa Maria, direction Cafayate. Sur le chemin, nous visitons les ruines de Quilmes, un des rares vestiges pre-colombiens significatifs du pays.

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Attention, rien à voir avec les prestigieuses cités incas ou olmèques plus septentrionales. Outre que le peuple Quilmès a donné son nom à la bière argentine la plus consommée (ce qui est une bien triste fin pour un peuple qui a connu une certaine prospérité - tiens, ca me fait penser aux magasins de sports qui développent des lignes de vêtements au nom d'un peuple et d'une langue encore bien vivants, Quechua, usurpation ?) cette petite visite nous fait prendre conscience qu'il y avait des habitants sur ce continent avant leur découverte par les Européens... Reflexion qui paraitra peut-être naive à certains... En fait nous n'avons pratiquement vu aucune trace des indiens depuis notre départ d'Ushuaia  : quelques évocations tout au plus dans de petits musées qui essaient de refaire vivre des cultures mortes depuis longtemps. Et pour cause, ils ont été méthodiquement massacrés pour la tranquilité des moutons et le développement des estancias, en particulier suite à la campagne du désert menée à la fin du XIXeme siècle à l'initiative d'un des plus grands présidents argentins (du point de vue argentin) : de la Roca. Avant cette campagne, environ 1/3 de la population du pays était composée d'Indiens. Les Argentins sont aujourd'hui fiers de leurs origines européennes (qu'ils revendiquent à plus de 97%), non sans un certain snobisme vis-à-vis d'autres pays beaucoup plus métissés comme la Bolivie ou le Pérou. Ces quelques lignes non pour juger de ce qui s'est passé, mais plutôt pour insister sur ce qui constitue une particularité importante de l'Argentine et explique une part de son Histoire : un très faible metissage de la population en comparaison de ses voisins, des yeux souvent tournés vers l'Europe et l'envie de traiter d'égal à égal avec les cousins européens (cf. le sport : foot bien sur, les Argentins suivent tous les championats européens sur le cable, mais aussi rugby comme la récente volonté d'intégrer le tournoi des 6 Nations plutot que le tri-nation l'a montrée). Pour revenir aux ruines, comme toujours dans ces visites, l'intérêt est moins dans les quelques pans de murs encore visibles, que dans les discussions avec le guide qui met tout cela en perspective...

Aprés une petite centaine de bornes donc, arrivée à Cafayate pour quelques jours. La ville et les alentours en valent la chandelle : bourgade charmante au pied des montagnes, entourée de vignes et de gorges (quebrada) multicolores.

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Figurez vous que c'est ici (entre 1000 et 2000 m d'altitude) qu'on produit parmi les vins les plus réputés d'Argentine. Bien sûr il y a Mendoza dont nous vous avons déjà un peu parlé. Mais l'ambiance est ici toute différente. Si nous voulions comparer  ce serait un peu Beaune vs Bordeaux : petite ville de quelques quadras très préservée entourée de vignes, quand la seconde est une très grande ville aux activités diversifiées mais au coeur d'une région viticole d'importance. Tout cela à l'échelle argentine bien sûr : si les domaines de Cafayate sont en moyenne plus petits que ceux de la région de Mendoza on trouve ici des exploitations comme la Bodega Etchart d'environ 3000 ha - propriété depuis quelques années du groupe Pernod Ricard.

Le roi du pastis n'est d'ailleurs pas le seul francais à avoir compris le potentiel que représentaient les vins argentins (et chiliens). Cela était déjà vrai au siècle dernier : la bodega "phare" de Cafayate est celle de Michel Torino, un Francais arrivé au XIX ème siècle - récemment revendue à des investisseurs sous le nom Bodega Esteco. Les ancêtres de Michelle Bachelet (présidente de la République du Chili) sont des viticulteurs pionniers venus acclimater pinot noir et chardonnay de ce coté de l'Atlantique. Après quelques décennies d'ignorance, on assiste d'ailleurs à un retour des Francais dans ces deux pays. Outre Pernod Ricard et la présence un peu plus ancienne de LVMH (Bodegas Chandon, Terrezas de los andes, Cheval des Andes), le fameux oenologue Michel Roland (vous vous rappelez le film Mondovino sorti il y a quelques années ?) et le groupe des 7 comme on l'appelle ici (notamment Nadine Rotschild, la famille d'Aulan, ex-Champagne Piper Heidsek, la famille Cuvelier, Catherine Péré-Vergé de la Cristallerie d'Arc déjà propriétaire en Pommerol, etc.) ont investi massivement dans la région de Mendoza. Le très prestigieux Chateau Lafite s'est lui porté acquereur de vignes au Chili (Bodega Los Vascos). Bref, les Francais réagissent pour ne pas se laisser dépasser par ces vins argentins qui étaient jusqu'ici exclusivement reservés à la consommation nationale (une grosse piquette pour accompagner les asados, inexportable) mais dont la qualité s'est ameliorée, permettant de tailler des croupières à nos Bordeaux trés chers en comparaison : le prix d'une bouteille de vin de qualité moyenne est ici de 2/3 €. Dans certaines de ces régions et en particulier à Cafayate, les journées chaudes (environ 30 degrés l'été) et les nuits très fraiches du fait de l'altitude, constituent d'excellentes conditions pour les blancs (le chardonnay pousse très bien ici mais aussi un cépage peu connu en Europe : le torrontès). Bref, l'Argentine possède toute la palette des vins à des prix moitié moindre que chez nous : depuis le gros rouge jusqu'aux vins primés dans les concours internationaux. Ajoutez à cela un marché domestique important, un marketing intelligent et vous comprendrez le succès croissant de la viticulture argentine.

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Du coup on s'en donne à coeur joie (avec modération vous vous en doutez). Les dégustations vont bon train, mais nous sommes plutôt décus - surtout par les rouges dont le cépage roi est ici le Malbec - peu habitués que nous sommes au gout souvent "vanillé" qui les caractérise... Cf. notre post culinaire récent...

Nous consacrons ensuite un jour à visiter la Quebrada Las Conchas (dite de "Cafayate"). Elle se trouve sur la route pour Salta mais nous avons décidé pour rejoindre cette dernière de passer par une autre vallée (la vallée Calchaqui, la Quebrada Las Flechas et la ville de Cachi). Trop dur de faire un choix entre les deux : ce sera les deux. Avant de quitter Cafayate nous embarquons donc les vélos sans bagages dans un bus local pour la quebrada Las Conchas et revenons tranquillement à notre point de départ (recompense : une délicieuse glace aux vins blanc/rouge, exclusivité mondiale)...

Les 60km que nous parcourons nous font passer par toutes les couleurs... Rouge, vert, bleu, jaune, ocre, une véritable palette d'artiste... Petit apercu en images bien pâles en comparaison de la réalité...

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Aprés un petit jour pour nous remettre de nos émotions et profiter de l'ambiance trés paisible de la ville, nous repartons en direction de Cachi. Cette route, non asphaltée et pour le moins "capricieuse", nous rappelle notre petite virée vers Uspallata/Bareal au départ de Mendoza: un gros détour pas facile (même dénivelée) qui reste un des plus beaux parcours de notre voyage...  Impossible de regretter la route directe et asphaltée par La Vina devant tant de beauté et de charmes. Jugez plutôt.

Il y a d'abord la tranquilité des lieux rencontrés : petits villages cartes postales tout blancs et leurs vieilles églises, ou petits pueblitos oubliés de quelques maisons en adobe (torchi). En séchant quelques piments ou en entretenant un petit troupeau de chèvres, leurs habitants arrivent à survivre dans une vallée pourtant très aride. L'irrigation permet par ailleurs de faire pousser quelques fruits succulents (pêches, raisins, pommes).

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En ces jours de semaine sainte nous profitons par ailleurs de l'effervescence suscitée par la grande fête chrétienne. Point de cloches ici, ni d'oeufs à chercher dans le jardin. Pâques n'est ici pas (encore ?) devenue la grande fête paienne que nous connaissons (même impression à Noël) : chemins de croix à la tombée de la nuit avec procession des habitants du village, reconstitution grandeur nature de la passion du Christ, etc. Ca fait un choc quand on "tombe" sur un peplum en pleine campagne sur une route ou nous ne croisons que très peu de voitures : dizaines de figurants, centaines de spectacteurs et, caméras locales... 

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Et puis il y a les paysages... La progression est lente, pas seulement en raison du sable qui nous oblige à pousser quelques instants la bici... Les pauses photo sont nombreuses et l'emerveillement nous surprend à nous rendre euphoriques à plusieurs reprises... Sensations très fortes donc, dont voici un petit florilège...

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Lorsque nous arrivons à Cachi la veille de Pâques nous n'avons plus qu'une chose à faire : de beaux rêves en essayant de redonner vie aux images qui restent gravées... D'autres nous attendent encore au réveil : lever de soleil et coucher de lune sur les montagnes.  La journée s'annonce magnifique : Cachi est une synthès de la beauté rencontrée ces derniers jours. Village pittoresque et préservé entouré de paysages de rêve... En prime, un succulent déjeuner offert par Marie-Jo et André. 

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Le lundi, c'est reparti ! Pour rallier Salta, nous devons franchir une jolie chaine de montagne. Le col Piedra del Molino nous attend à 3350 m d'altitude. Un petit coup d'oeil à l'altimètre nous indique que Cachi n'est "qu'à" 2200m, une journée de grimpette en perspective... Après une petite aventure qui pourrait s'intituler "le coup de pompe" (un vol sauvage de notre cher infleador pendant la nuit et un arrachage de phare avant bien difficile à comprendre), nous commencons notre ascension vers le parc national los Cardones (le nom des grands cactus locaux) et la fameuse recta tin tin (une grande ligne droite tracée par les Incas de 20 km). Changement progressif des paysages, de moins en moins de végétation...

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Ca monte, ca monte mais finalement assez progressivement (+1100m en 55 km)... Bon on n'entend quand même tout à fait disctinctement les moteurs des voitures qui nous doublent en donnant tout ce qu'elles peuvent ("on l'entend bien le moteur hein !?"), et doublons quelques 504 qui n'en peuvent plus et qu'il faut refroidir quelques minutes. Quant aux Renault 12 elles sont prises en charge par les pick up... Et puis c'est le petite moment d'euphorie lorsque nous arrivons au col vers 15h, relativement frais finalement... On se fait un peu applaudir, des touristes anglais se font photographiés avec nos engins, et nous profitons d'un déjeuner bien méritié... Le baromètre indique 681 mbar, la température presque 30 degrés et l'altimétre 3400m...

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La journée pourtant déjà intense est loin d'être terminée. Une petite descente de 70 km nous attend. Ripio puis asphalte, la vallée encantado et la cuesta del obispo s'étendent à nos pied... Pas trés impressionnant de là haut, de gros nuages montent depuis la vallée. Ce phénomène se produit tous les jours : beau le matin, puis nuageux au fur et à mesure que la journée avance, la vallée de Salta étend beaucoup plus "tropicale" que celle un peu désertique de Cachi... Nous nous enfoncons dans les nuages sur le versant à l'ombre (adret ou ubac ? une bière à celui qui se souvient de ses cours de collège sans regarder dans le dico...) : forte impression un peu comme une descente d'avion quand on se retrouve au dessus, puis dans et enfin sous la couverture nuageuse. Enfin sans carlingue ni pressurisation. Les 6 sens en éveille quoi... Bizarrement le termomètre descend encore plus vite que nous et se retrouve en moins d'une heure autour de 10 degrés. Puis remonte brutalement autour de 20 degrés ; vallée humide tout aussi magnifique quoique complètement différente...

Journée Vivaldi : four seasons in a day... 

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Le début de la descente : l'été

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Automne sur les route normande ?

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Collection Hiver 2009

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Oh le joli printemps...

Aller encore quelques unes...

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Arrivée le soir à El Carril à 36 km au sud de Salta. Nous sympathisons avec de gentilles dames dans le centre ville qui nous trouvent un endroit pour dormir dans cette petite bourgade sans charme (qui vit des plantation de tabac) et surtout sans "hotel". Petit bilan de la journée : près de 130 bornes, +1200m, -2200m, 4 saisons, tous les degrés entre 10 et 30, un copain cyclo hollandais, les pieds mouillés en fin de parcours, quelques dizaines de belles photos et BEUCOUP BEAUCOUP de PLAISIR...

Petit cadeau de notre copain de l'autre pays du fromage : notre seule photo de nous 2 en train de rouler...

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Bon retour chez vous...

PS du service commercial : Si vous êtes satisfaits de votre voyage, dites le nous en utilisant le champs commentaire ci-dessous. Sinon, nous vous invitons à venir pédaler avec nous...

PPS de Pierre et Olivia : gros MERCI ! pour les commentaires et mails...

Posté par Pierre et Olivia à 19:55 - 1. Argentine - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 mars 2008

Buen Aprovecho !! (Bon Appétit !!)

Lors d'un voyage long et un peu sportif, la nourriture est un élément important de la vie quotidienne... Nous avons voulu dans ce post vous faire part de nos différentes expériences culinaires que ce soit à vélo ou au resto ! A table !

Notre petit périple est d'abord l'occasion d'améliorer notre pratique de la cuisine au feu de bois et au camping gaz. Même si c'est un zero faute pour Pierrot pour les allumages des feux (même par temps de grosse pluie avec bois mouillé), je vous avoue que je n'ai pas été la plus créative en terme de recettes culinaires.

Pour les repas du midi, nous ne nous lassons heureusement pas de nos fameux sandwitchs mayo-jambon-fromage ou mayo-thon. Ils se terminent souvent par les fruit de saison ramassés ou achetés sur la route (pommes, poires, framboises et cerises)...Quelques fois c'est le grand luxe, nous finissons la ratatouille, la salade de riz ou le poulet grillé cuisinés la veille.

Quant aux repas du soir, nous redecouvrons le goût de la polenta (c'est meilleur que la mousseline), aux oignons finement coupés et grillés par Pierrot, agrémentée d'une sauce tomate et d'herbes de provence comme il disent ici (persil + ail). C'est le meilleur rapport temps de cuisson (sans les oignons) / saveurs que nous ayons trouvé : idéal quand nous sommes affamés et exténués ou quand la bouteille de gaz arrive à terme. Nous n'echappons pas non plus aux traditionnels plats du campeur : les pâtes aux différentes sauces lyophilisées. Mais qu'elles soient au fromage, aux épinards ou carbonara... au final, elles ont toutes le même goût ! Dans le top 5 des repas les plus indigestes, on mettra sans constester les gnocchis trop ?/pas assez ? cuits, et au goût de savon !

Entre cyclistes féminines (oui je sais, la femme s'est émancipée de ces taches ingrates mais bizarrement les mecs parlent "vélo" et les femmes "cuisine" quand on en vient à partager les tuyaux), nous nous renseignons sur ce que mangent les autres en route... Histoire de trouver le plat original qui change un peu. Mais au grand desespoir de toutes, il n'y a finalement pas beaucoup de variantes possibles. D'ailleurs si vous avez quelques idées, n'hésitez pas à me les soumettre...

Heureusement, les arrêts dans les villes nous permettent de goûter aux secrets de la gastronomie argentine. En voici un petit apercu (désolée, sans odeurs ni saveurs !) :

Les plats :

- Le boeuf

Si vous êtes végétarien, l'Argentine ne sera pas votre destination culinaire favorite. Vous risquez même l'anorexie ! En effet,  l'Argentine est avant tout le pays du boeuf, qui n'a rien à envier à notre charolais. Les troupeaux de boeuf en liberté peuvent brouter tranquillement l'herbe de la pampa avant de se retrouver dans nos assiettes. La viande est tendre et souvent cuisinée en asado (barbecue). Je n'ai jamais mangé autant de viande que pendant ces 4 mois réunis, un vrai régal. Et les portions sont énormes : on vous sert rarement moins de 300g de viandes, accompagnées le plus souvent d'une salade mixte laitue-oignons-tomates. Les meilleurs morceaux sont le bife de chorizo et le bife de lomo, proches de notre côte de boeuf grillé et du pavé.

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Nos fameux "steack/frites" sont ici remplacés par les "milanesa con papas fritas", une sorte d'escalope panée très fine (milanaise)... Plat bon marché qui se commande dans n'importe quel restaurant, bouiboui ou station service...

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Les Argentins sont également friands des abats. Commandez une parillada et vous aurez sur votre table un petit grill réchauffant boudins noirs (morcilla), saucisses, ris de veau, rognons, tripes, etc... Nous avons testé plusieurs fois et nous sommes toujours régalés !

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En Patagonie, on trouve beaucoup de mouton et d'agneau sur les cartes - ce fut un de nos meilleur souvenir dans l'Estancia Viamonte. Le mouton est alors cuit en entier à la verticale, crucifiés sur les braises. On se souviendra bien sur de la fête de l'asado à Cholila !

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- Le locro

Le locro est un plat régional du nord de l'Argentine. C'est un plat traditionnel longuement mijoté, mi-soupe, mi-cassoulet, où les grains de maïs écrasés se mélangent aux haricots blancs... Il a l'avantage de tenir au corps...ce qui est appréciable après une bonne journée de vélo !

- Les empanadas

Les empanadas sont des chaussons fourrés d'une farce salée. Ils en existent de nombreuses variétés mais sont souvent au fromage, à la viande, au poulet. Rapide, efficace et bon marché...

- Les humitas ou tamales

On trouve surtout ces plats dans la région du nord ouest de l'Argentine. L'humita est un peu comme de la purée de maïs cuite à la vapeur dans la feuille de maïs. Le tamal est comme l'humita, un peu plus petit, et fourré à la viande.

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Les desserts :

- le dulce de leche

Les Argentins en raffolent ! Tout comme moi... Il s'agit tout simplement d'une confiture de lait. Les Argentins en mettent partout : sur des pains, les flans, dans les croissants, les pancakes ou encore dans les fameux alfajores (doubles biscuits remplis de dulce avec copeaux de coco). Et même dans les glaces... Pour les fans, on peut même le manger à la petite cuillère. Bref, c'est un peu notre Nutella !

Petite photo des faiblesses de Pierrot : Les alajores au dulce de leche

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- le budin de pan : identique à notre pudding au pain rassi. Sauf qu'ici, il n'y a pas de raisins et on les recouvre d'une bonne couche de dulche de leche/caramel !

- Les glaces

Impossible d'y échapper ! Les Argentins en raffolent et chaque petite ville a son glacier sur la place. Que ce soit au bon glacier traditionnel ou au fast food de la glace, je crois que nous aurons goûté à tous les parfums !

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Les boissons :

- Le Mate

La première boisson consommée par les Argentins est le Mate, infusion d'herbe medicinale assez forte (et parfois de coca). Le moment du mate est un moment de convivialité et de partage en Argentine. Il se boit à n'importe quelle heure de la journée et de préférence entre amis. La préparation du maté consiste à deposer dans une petite calebasse, herbes et  sucre, le tout arrosé d'eau chaude. Il se boit avec une pipette et les argentins se passent le maté entre eux. A ce qu'il parait, le maté a differentes vertus : laxative, coupe faim, antioxidant... Nous ne sommes malheureusement pas fans (amertume) pour connaitre tous ces bienfaits et préférons continuer à boire notre traditionnel thé, café ou chocolat chaud...

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- Bien sûr, le vin !!

4ème producteur vinicole au monde, l'Argentine possède d'excellents vins : On trouve ici différents cépages comme le cabernet sauvignon, les merlots, les malbecs, les tannats, les syrahs pour les vins rouges et le torrontes, le chardonnay pour le blanc. Ils produisent quelques pétillants assez bons. En revanche, notre palais, peut être trop habitué au saveur du terroir francais, trouve le vin argentin un peu vanillé et flatteur. Ce qui nous choque, c'est que les bodegas produisents en géneral tous les types de cépages, sans distinction de ce qui est le plus adapaté au terroir... On lit assez souvent sur les pancartes : "et maintenant, aussi disponible : champagne, syrah, etc". Comme si les bodegas ajoutaient de nouveaux produits à leur catalogue sur simple décision marketing... Du coup, pas mal d'artifices pour obtenir des vins un peu standardisés (copeaux de bois depuis bien longtemps, oxygénation, etc.). Bien différent de notre logique d'appelation d'origine contrôlée basée sur les aires géographiques et les particularités du terroir. Enfin, tout cela est beaucoup mieux expliqué dans le film Mondovino que je vous invite à voir ou revoir.

- la Bière

On en trouve partout et de toutes les marques, à la fois nationales (Quilmes, Salta) ou internationales (Budweizer, Stella Artois, Heineken). Pour les chtis que nous sommes, pas trop de dépaysement de ce côté là !

Bon je m'arrête là vous n'avez surement plus très faim... J'aurais pu parler de l'influence italienne (pâtes et pizzas se trouvent en abondance mais nous avons essayé d'eviter...), des confitures régionales aux saveurs que nous ne connaissons pas (Cayote, baies de Cafayate, et autres fruits rouges) et du fromage de cabrita/chèvre mais c'est un mauvais souvenir digestif pour moi...

Je ne sais pas ce que la gastronomie bolivienne nous réserve... En tout cas, l'argentine sera difficile à égaler...

Bonne digestion...

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17 mars 2008

On ne perd pas le Nord !

Depuis notre dernier post à San Jose de Jachal, nous avons parcouru environ 800 km dans le Nord de l'Argentine, difficile de les resumer en quelques lignes... En voici tout de même un bref apercu.

Première étape : en route pour Chilecito. Nous traversons de verdoyantes vallées et gravissons quelques cols comme le magnifique col de la Miranda aux couleurs contrastées, entre montagnes enneigées et roches rouges.

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Nous pouvons pédaler des heures dans cette steppe aride sans rencontrer âme qui vive...Mais il y a toujours de l'animation sur la route : passage d'animaux, barrage naturel ou même barrage humain sur une route où ne passe qu'une voiture maxi par heure !

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Nous apercevons en route des champs de cactus qui ont plus d'une centaine d'années. Appelé egalement cardón, les Argentins utilisent le cactus desséché pour son bois (construction, meubles, objets artisanaux...)

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Dans ces deserts arides, les villages sont de véritables oasis grâce à leurs canaux d'irrigation qui quadrillent les alentours et permettent de faire pousser arbres fruitiers (pommiers, poiriers) et vignes. Certains pueblitos ne sont constitués que de quelques maisons en adobes (construction briques et torchis) qui laissent apparaitre parfois un style architectural colonial. Nous y ferons cependant toujours d'excellentes nuits, tantot derrière la station essence, tantot sur le terrain de l'église (après autorisation duement demandée auprès de la présidente de l'association paroissiale), ou encore à l'ombre de la caravane sanitaire (des cordons sanitaires sont mis en place par les chambres d'agriculture régionales pour éradiquer certains insectes nuisibles à la production de fruits). 

En chemin, nous traversons le petit village typique de Londres, bien différent de la capitale anglaise !

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Arrivés a Santa Maria, nous laissons nos vélos pendant 2 jours pour découvrir la Vallée de Tafi et la "sophistiquée" ville de Tucuman, dixit le Lonely Planet (nous n'avons pas vraiment compris pourquoi...). La vallée de Tafi nous met la tête dans les nuages avec son col à 3 800 m et ses 2000m de denivelés. La végétation est luxuriante voire tropicale tant l'humidité est présente dans l'air. Puis, nous traversons des champs de cannes à sucre et des sites industriels pour enfin arriver à Tucuman. Avec son petit air colonial, Tucuman est quand même la 3ème plus grande ville du pays après Buenos Aires et Cordoba. C'est egalement ici que fut déclarée l'indépendance de l'Argentine le 9 juillet 1816.

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Nous approchons peu à peu de Salta ; la frontière Bolivienne ne sera alors plus qu'à 400 km... Mais il nous reste encore beaucoup de paysages et de villes à découvrir comme la région de Cafayate, connue pour ses bodegas et ses quebradas (les gorges de Cafayate et la vallée Calchaqui)...

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06 mars 2008

Le bonheur si je veux...

Au moment de quitter la douceur de vivre de Mendoza, nous avions le choix entre : une belle route toute droite, plein nord et goudronnée (soit la ruta 40, à ma droite, enfin à l'est) ; ou bien une route plus capricieuse, longue et partiellement non asphaltée (appelons-la 'la route de l'année' - en fait c'est son nom vous comprendrez pourquoi - à ma gauche, i.e. à l'ouest). Idée saugrenue mais lumineuse porposée par Olivia, et parfaitement en ligne avec ce que vous lirez dans un article à paraitre en exclusivité sur ce blog le 9 mars... Teasing...

Convenez que reprendre la route un 29 févrirer sans gouter à la route de l'année aurait été sacrilège... Celle-ci tire en effet son nom du nombre de ses virages pour atteindre un col situé à 3200 m. Histoire de vérifier que la DDE locale est bien en train de construire en toute hate un 366ème virage pour cette année bissextile... Outre le petit défi de parcourir +2400 m de dénivelé consécutif (puis -1000 m de descente non stop, puis +400m puis, enfin... vous avez compris, c'est cela une route capricieuse) nous privilégions ce parcours qui nous ménera dans les vallées d'Upsallata et de Calingasta, situées entre Cordillère des Andes et pré-cordillères, au pied des montagnes les plus hautes du continent (l'Aconcagua est le toit de l'Amerique avec près de 7000m). Vallées au decor saisissant, partiellement désertiques et hors des sentiers battus (nous avons compté sur certaines sections une voiture à l'heure)

Petites photos de notre carte pour visualer les premièrs étapes (cliquer pour agrandir). Pour le détail des km, temps de parcours etc., le fichier Excel est comme d'habitude dans la rubrique Notre Itinéraire...

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En un mot comme en mille, ces six jours de velo furent : PRODIGIEUX ! Par les paysages rencontrés, les efforts physiques déployés, le plaisir gouté... Pour plus de crédibilité (et d'efficacité), voici quelques images commentées en 7points (c'est biblique, même si ce blog n'est pas parole d'évangile).

1. Deux jours pour parcourir 100 km : soit 50 km de montée (au singulier, de 700 m à 3100 m d'altitude), puis 50 km de descente... Intenses moments dans les deux sens et, pourquoi le nier, petit moment de fierté entre les deux...

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2. Une petite crevaison en arrivant à Uspallata dans un camping mal nettoyé... Changement de pneu et de chambre à air, Pierre roule désormais avec un pneu de mauvaise facture made in Sri Lanka en remplacement de son Marathon XR Schwalbe de fabrication allemande (références données pour les amateurs connaisseurs de la réputation de cette rolls des pneus de randonnée). On passe très vite, comme la réparation expresse d'ailleurs, qui nous permet de repartir le lendemain matin à l'aube.

3. Direction plein nord dans la vallée d'Upsallata... Entourés de montagne et paysages désertiques pour plus de 100 km de ripio : arriverons nous à Bareal ou camperons-nous au milieu de nul part ? Nos réserves d'eau suffiront-elles pour ne pas subir le triste sort de cette Argentine morte de soif sur le chemin ? Nous résisterons à la tentation de lui piquer une de ses offrandes : des centaines de bouteilles d'eau pieusement déposées par les quelques passants... Nous croisons le Bareal Leoncito, excellent spot de char à voile, qui achève de nous assurer du caractère semi-désertique de la région...

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4. Puis nous bifurquons plein ouest dans une vallée étroite et assez 'menacante' dans un monde entièrment minéral que seul un cours d'eau egaye... La construction d'un barrage plus en aval a fait condamner la route 12 qui nous permetterait de rejoindre San Juan, capitale de la province. Le village de Pachaco, situé à deux km aprés le point de déviation a de ce fait été entièrement abandonné il y a deux ans et les habitants relogés... Impressionnant de voir comme la nature reprend vite ses droits. Nous y passerons cependant une excellente nuit sous les grands eucalyptus du jardin d'une jolie maison abandonnée mais dont le verger donnait encore de beaux fruits... Ils n'attendaient que nous pour être cueillis.

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5. Il nous faut sortir de ce "trou". Prisonniers de ce cul-de-sac nous rejoignons la route qui a été construite en remplacement de la ruta 12 : +1000 m de dénivelé et près de 35 km de montée avant de profiter de paysages tous aussi secs et mineraux. De jolies quebradas (gorges) entièrement à sec en cette période... Vue la largeur des lits, le débit doit être bien différent au temps de la débacle... Nous commencons à nous interroger sur notre lieu de campement pour le soir quand un petit bosquet d'arbres apparait... Surgissant de nul part, une eau thermale permet à la vie de reprendre ses droits sur quelques dizaines de mètres carrés. Après une bonne baignade dans l'une des 4 cabanes de torchi constuite dans les années 30 (soient les termes de Talacasta, attention les yeux), nous passerons une partie de la nuit a compter... Un violent orage éclate dans la vallée toute proche... Et dire que nous sommes sous les seuls arbres du coin... Stressssssss... Nous avions bien fait de faire une petite prière à Saint Exposito au col franchi dans la journée.

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6. Puis route pour San Jose de Jachal pour une étape record : plus longue, plus rapide, et plus monotone de l'histoire de ce blog : retour sur la route 40 que nous aurions pu ne pas quitter ! Plus de 120 km à 23 km de moyenne...

7. Alors notre choix n'etait-il pas le bon ? Nous en sommes intimement persuadés et cela nous guidera dès demain matin dans le choix de nos itinéraires... Après un jour de repos (le temps de réaliser que nous sommes tout juste à la moitié de notre voyage...) nous reprenons la route.

A bientot...

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28 février 2008

Mendoza et ses bodegas

A travers la vitre du bus pour rejoindre Mendoza, nous contemplons une partie de l'immense pampa argentine. Il ne nous faudra qu'une bonne journée pour parcourir cette vaste étendue non dénuée de charme... Ce sera pour un prochain voyage ? En attendant nous sommes heureux de gagner rapidement Mendoza : ville charmante avec ses places ombragés et bons restaurants, en pleine effervesence en cette période de vendanges, parfaite pour quelques jours de repos... à l'hotel ! Vrai lit, vraie cuisine, vraie salle de bain, climatisation ! le grand luxe à petit prix grace à Gustavo, un petit malin rencontré dans la rue...

Nous dépensons toute l'energie ainsi économisée dans de jolies balades dans les vignes et bodegas toutes proches de la ville. Grandes maisons, petites bodegas familiales, fabricants de liqueurs, nous ne manquons rien du spectacle... et vous en faisons profiter en images. Pas de dégustation pour vous malheureusement !

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23 février 2008

Sur la route des lacs

Après la carretera australe et le passage de la frontière argentine du côté de Trevelin, nous parcourons une des régions les plus connues et les plus visitées d'Argentine : la Région des lacs, célèbre pour la beauté de ses paysages et la multitude de ses lacs, la diversité de sa faune et de sa flore dans les nombreux parcs naturels, le ski l'hiver mais aussi le chocolat arrivé avec les colons suisses au début du siècle (mais le chocolat Suisse ou Belge n'a rien à envier au chocolat argentin !).

Voici en image le parcours que nous avons réalisé entre El Bolson et Junin de los Andes, soit des kilomètres à sillonner entre lacs et montagnes, jalonnés par les villes d'El Bolson (la peace anti-nucleaire et slow-food), San Carlos de Bariloche (la "capitale" très touristique de la région), Villa Angustura ("la tranquille"), San Martin de los Andes (la huppée), et Junin de los Andes ("la délaissée, plus arride, mais au pied du volcan Lanin"). Pour les étapes précises nous vous renvoyons au fichier Excel dans la rubrique Notre Itinéraire...

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Après notre départ d'El Bolson, un peu frustrés de ne pas avoir pu faire notre bapteme de parapente (premier échec) pour cause de vent patagon capricieux comme vous vous en doutez, nous roulons plein nord vers San Carlos de Bariloche. Les montagnes s'élèvent peu à peu et nous passons la première journée à monter (environ +500 et -200 de dénivelés cumulés) à la rencontre des premiers lacs (Guillermo,Mascardi) : premiers points de vue et baignades...

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Le lendemain arrivée à San Carlos de Bariloche aprés une petite etape de 40 km. Nous prenons le poul de la ville (plus de 100.000 habitants) qui nous parait un peu agitée et touristique : successions de chocolateries aux noms evocateurs (Del Turista) et magasins de T-shirts et souvenirs facon boutiques parisiennes à Tour Eiffel... Nous partons vers l'ouest, le long du lac Nahuel Huapi et trouvons un camping un peu plus calme qui nous permettra de nous régaler pendant deux jours de parillas et de bons vins...

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Nous profitons de cette halte de deux jours pour tenter de nouveau un petit vol en parapente... Hector vient nous prendre et cette fois nous atteignons "le stand de tir" au sommet du cerro Otto... avant de nous faire rembourser une fois de plus : trop de vent. Nous profitons tout de même de la vue sur les environs de Bariloche. Une petite prière à la vierge nous permet de résister à la tentation de la photo souvenir avec la grosse peluche et son tonneau...

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Un peu frustrés la encore, nous finirons la journée à nous venger sur le chocolat et les bonnes glaces du centre ville, et à préparer l'itinéraire du lendemain : le circuit Chico ; magnifique boucle autour de petits lacs à l'ouest de Bariloche. Environ 60 km sans bagages (on se sent beaucoup plus légers) et un beau point de vue au cerro Campanario.

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Après ce petit echauffement à vide, reprise du vélo avec 25 kg de chargement, direction la route des 7 lacs (en fait beaucoup plus...). Nous demarrons avec le vent fort (celui qui nous a empeché de voler) dans le dos pour contourner le lac Nahuel Huapi vers l'est. Seulement une fois contourné... nous roulons plein ouest. Vent dans le nez facon arrivée à El Calafate, vous vous rappelez ? Même galère, même remède : Pierre se met devant, Olivia bien dans sa roue l'encourage - un tandem de choc ! Au bout de 3h, le vent à bout de souffle, abandonne ! Résultat : double banane pour Pierrot : coupe de cheveux à la Fonzy et large sourire. Les derniers km sont un pur bonheur... Le soir planté de tente et baignade au bord du lac Nahuel Huapi - cote nord - prés de villa La Angostura. Coucher de soleil magnifique

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Puis c'est le retour du ripio, des routes de montagnes, et de jolis campements au bord de lacs (oui je sais, encore...). Nous passons sur les baignades, les festins et les couchers de soleil vous allez finir par vous lasser... Pas nous !

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Au bout de la route, arrivée à San Martin de Los Andes. Notre récompense après plusieurs jours de dénivelés positifs : 15 km de pure descente à 50 km/h... Interminable... Tellement bon... La petite ville de San Martin, très chic et huppée (station de ski réputée l´hiver) mais aussi plus tranquille et à l'architecture en bois preservée nous donne l'occasion de souffler un jour avant de reprendre la route vers Junin, seulement distante de 40 km. Les paysages changent brutalement : nous retrouvons une plaine assez arride. La ville de Junin n'a pas grand intérêt et nous decidons de repartir illico vers le lac Huechulafquen dans le parc national Lanin pour deux jours de repos sur les conseils de Jéronimo et Elena. Notre lieu de villégiature : bahia canicul, un doux nom pour bouquiner à l'ombre des pins à gros pignons.

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Superbes vues sur le volcan Lanin. Son cone parfait, ses 3800 m dominant toute la région (Argentine et Chili) nous decident à en tenter l'ascension (accompagné d'un guide bien sur, acces interdit sinon). Cela devait nous permettre d'apprendre à manier crampons et piolets. L'absence de neige sur une bonne partie de la face nord escaladée et le risque de temps couvert (alors que nous n'avons pas vu un nuage depuis 1 mois, ou plus ?) nous font renoncer... Ce sera pour plus tard !

Demain, l'aventure continue avec une nouvelle étape ! Nous laissons derrière nous les volcans, les lacs, les glaciers pour rencontrer de nouveaux paysages un peu plus au Nord. Direction Mendoza : mais cette fois-ci, étape-éclair en bus soit 1 200 km en 1 jour 1/2 au lieu de 3 semaines à vélo ! La route semble moins belle (pampa assez sèche) et très passante. Nous gardons des forces (et du temps) pour quelques détours dans le nord de l'Argentine puis en Bolivie et au Pérou...

Eh dire que nous sommes déjà presque à la moitié de notre voyage...

Pour finir une petite photo live depuis l'internet café pour vous remercier encore de vos commentaires et attentions :

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04 février 2008

Jour 9 : Un Homme nouveau

Futaleufu - Trevelin

Il fait chaud, chaud dans les parcs... Attention aux incendies !

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Petite opération séduction pour Pierrot :

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et son résultat :

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Posté par Pierre et Olivia à 19:00 - 1. Argentine - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Jour 10 : Traversée du Parc Lors Alerces

Trevelin - Parc Los Alerces

Sur la route, nous n'hésitons pas à nous arrêter pour nos petites emplettes : boudin noir pour ce soir !

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Les Alerces sont parmi les arbres les plus grands et vieux du monde ( jusqu' à 70 mètres et plusieurs milliers d'année). Ils ressemblent aux Sequoïas

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Posté par Pierre et Olivia à 18:59 - 1. Argentine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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