10.000 km à vélo à travers les Andes

27 mai 2008

C'est le Pérou !

Apres la Bolivie vient le Pérou... Dernier passage de frontiere sans encombre juste apres Copacabana, direction Cusco environ 500 km devant nous.

Sur la route nous faisons une petite halte a Puno, le temps pour Olivia de se remettre d'une mauvaise trucha (truite), et de visiter un peu les environs, notamment les iles flottantes (construites a partir d'une tourbe légere et d'herbes, le tout arimé au fond du lac). Olivia qui est venue il y a 8 ans est surprise de voir que les iles paraissent désormais habitées. Il semble que le tourisme fasse pousser ces iles "traditionnelles" comme des champignons. La reconstitution est parfaite, panoplie complete : maisons, boutiques, restaurants, bateau catamaran, barques, etc. Les habitants qui vivent cependant pour la plupart dans les environs de Puno, transitent chaque jour sur leur lieu de travail... Il n'en reste pas moins qu 'il est tres agréable - et photogénique - de naviguer sur ces canaux un peu particuliers.

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Nous reprenons la route le jour de la lutte contre la vie chere. Y a pas de Leclerc ici, mais les problemes sont les memes : aliments de consommation courante trop chers, prix de l'essence qui fait grincer les dents, etc. La protestation comme ailleurs prend la forme de blocage des routes. Nous progressons donc contre vent (et oui encore de face, pas de chance) et marées : marées de pierres et de bris de verre. On fait gaffe on fait gaffe, mais nous n'éviterons pas une petite crevaison, la  4eme du voyage (2 chacun, c'est pas pire, comme disent les Quebecois) .   

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Nous roulons donc sans voiture pendant deux jours et devons faire halte a quelques barrages pour témoigner de notre solidarité. L'occasion de discuter un peu... et de prendre un peu de retard. Nous campons ou nous pouvons avant la tombée de la nuit, notamment dans la cour d'une école (y a pas classe avec la greve...). Il fait pas chaud chaud, la tente gele mais tient le coup malgré ses semaines de bons et loyaux services.

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La route Puno - Cusco est tres jolie et nous emmene haut, jusqu'a 4300m. Jolies vues de l'altiplano avant de redescendre dans de verdoyantes vallées pour rejoindre la capitale Inca. Nous longeons la voix de chemin de fer, mais pas de train pendant deux jours non plus. Quand tout a coup "j'entends siffler le train"... En pleine descente nous faisons la course avec lui et il nous klaxonne copieusement pour nous saluer de sa grosse voix. Il finit par nous larguer mais quelle émotion, un grand moment de vélo !

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Plus nous approchons de Cusco, plus la vallée se fait riante, les villages plus riches. Agriculture irriguée, jolie architecture, chapelle sixtine des Amériques, marchés animés, danses folkloriques... Et puis bien sur, premiers sites pre-colombiens... 

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La semaine s'acheve en apothéose avec notre entrée dans Cusco. Nous engloutissons nos sandwichs sur la magnifique plaza de Armas qui nous impressionne fortement, et sentons bien qu'il nous faudra une semaine pour faire le tour de cette cité exceptionnelle. Sans compter la vallée sacrée et le Machu Picchu. Du coup, nous avons comme un pressentiment : et si c'en était fini du vélo de ce coté de l'Atlantique... Tout émus nous repensons a ces mois d'aventures sur nos reines. Presque 5555 km en 5 mois, depuis Ushuaia... Plus de 10000 km tous transports confondus :  a pied, en bateau, bus, ou camion... L'heure n'est pas au bilan mais nous réalisons tout a coup le chemin parcouru. Quelle chance, quel bonheur d'avoir réalisé un reve...

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Nous profions donc depuis une semaine de Cusco la Magnifique, ses fetes (Corpus Christi), son Alliance Francaise (de bons bouquins en francais, quel bonheur), ses musées et ses ruines archeologiques comme Moray, Saqsaywaman, et les villages de Ollantaytambo, Pisac et Chinchero... sans oublier le fameux Machu Picchu !

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C'est des l'ouverture du site, a 6h du matin que nous visitons le Machu Picchu. Quelle emotion, quelle splendeur de voir ce site avec peu de touristes. Meme si c'est la deuxieme visite pour Olivia, les sensations sont toujours aussi intenses ! Nous comprenons aisément pourquoi certains Oliviers y ont déclaré leur flamme et d'autres emmené en voyage de noces leur tendre et jeune épouse il y a de cela un an...

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De retour a Cusco, nous attérissons de notre petit nuage pour réaliser avec stupeur :

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Plus qu'une semaine avant le retour !

Mais pas de stress, une autre tres belle aventure nous attend din ch'Nord...

Vivement aussi !

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10 mai 2008

Une semaine aux sommets

Cette derniere semaine fut probablement une des plus intenses en émotion de notre voyage.

Et ce, a tout point de vue... Du sport, de l'extreme, des rencontres et une nature extraordinaire...

Pour bien démarrer, nous quittons La Paz pour Sorata, capitale bolivienne du trekking. Nous avalons ce jour la 120 km a vélo, bien aidés par une remontee en taxi du fond de la cuvette la pazienne (3 600 m) jusqu'a la ville toute proche d'El Alto (4 050 m), et par une superbe descente de 35 km dans la vallée de Sorata en fin de journée (de 4 300m a 2 700m). Jouissif ! Toute la journée nous contemplons la Cordillere Royale et ses nombreux 6 000m, en nous disant qu'il serait bon d'explorer tout cela de plus pres...

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Cela tombe bien, de nombreux trekkings partent de Sorata ; il y en a pour tous les gouts et tous les physiques, de 1 a 10 jours... Notre choix s'arrete tres vite sur le tour de l'Illampu en 7 jours (merci a Hélene et Jérome pour leur recommandation).

Seul probleme de ce trek, sa mauvaise réputation : des bandits sévissent autour du lago San Fransisco, au 5eme jour du Trek... Info ou intox ? Légende urbaine ? Lard ou cochon ? En visitant quelques blogs, nous tombons sur des récits de touristes partis en solitaire, obligés de se delester un peu...Reste a savoir de quoi. Les récits les plus alarmants qui nous sont rapportés parlent de sacs a dos, de vetements chauds et meme de chaussures... Ne nous sentant pas l'ame d'un Maurice Herzog ou des héros des romans de notre enfance (F. Roche), nous décidons de partir avec un guide dont on nous assure qu'il connaït bien le coin et les techniques d'amadouement des méchants... Il est aussi bon cuisinier et équipé d'une mule qui nous allegera le dos de quleques 50 kilos. J'ai nommé : BALTE (WALTER pour les gringos).

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D'un guide de montagne comme les autres, il deviendra pour nous notre protecteur-nourrisseur et tres vite un véritable compagnon de voyage...Pour cela nous sommes aidés par le parcours : le 1er jour nous campons en effet á  4 100 m, a Lakatilla, petit village ou il vit en famille : nous découvrons ainsi la vie d'un village des Andes, vivant de l'élevage de quelques moutons gardés par les jeunes filles, et de la culture de pommes de terre. Evidemment point d'electricité, ni de route carossable : le ravitaillement se fait a dos de mule dans les villages les plus proches, a 4h de marche.

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Arrivés a cette altitude, nous y resterons pour toute la durée du trek, évoluant entre 4 000 et 5 100 m. Chaque jour nous réserve son lot de magnifiques paysages et au moins un col, souvent a plus de 4 800m.

Dire que nous apprécions est un euphémisme : perspectives et points de vue, sommets enneigés, faune et flore, et nuages a nos pieds.

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Le soir, il fait souvent froid mais nous sommes réconfortés par les bons petits plats de Balte, qui n'hésite pas a ajouter herbes et petits légumes frais finement coupés dans les classiques soupes lyophilisées, pates et riz.

Pour éviter les bandits, nous décidons de ruser et bouclons le tour en 6 jours au lieu de 7 afin d'éviter un bivouac dans la black zone comme ils disent... La descente vers Sorata nous offre de superbes vues vers la lac Titicaca qui nous attend...

Au retour de Sorata, nous décidons de repartir des le lendemain, direction Copacabana au bord du fameux lac navigable le plus haut du monde (3 820 m). Journée a vélo un peu longue et plus difficile que prévue (naïvement nous pensions la route plate et longeant le lac, que nenni !) mais au combien magique, comme ce lac sacré pour les indiens. Nous apercevons Copacabana, au moment ou le soleil s'enfonce dans le lac. Dernieres lueurs pour trouver un hotel...

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Le lendemain, nous décidons de partir sur l'Isla del Sol a 2h en bateau de Copacabana. Petite ile de 2 500 habitants qui sera notre lieu de villegiature pendant 24h afin de reprendre des forces avant la route vers le Perou.

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Nous quitterons la Bolivie au bout d'un mois... 1000 km parcourus a velo... sans compter ceux a pied, en camion, taxi, bateau ou combis (mini-bus d'environ 12 personnes). Que du bonheur !

A nous le Pérou avant notre retour dans un mois...

PS : Plus de photos dans l'album

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01 mai 2008

Potosi - Sucre - La Paz : triologie bolivienne

Il faut bien reconnaitre que ces deux dernières semaines nous ont donné le sentiment d'avoir quelque peu eu tort... Celui d'avoir jugé un peu vite, que les villes boliviennes ne présenteraient pas grand intérêt, et que mieux valait "concentrer" notre exploration sur la nature exubérante d'un pays qui compte des sommets parmi les plus hauts de la planète, un altiplano à la nature unique, ou encore une jungle amazonienne impénétrable...

Oui si nous n'avons pas été décu jusqu'ici par la beauté des paysages boliviens, loin s'en faut et ce n'est pas fini, il faut bien reconnaitre que quelques villes boliviennes nous ont fait forte impression. Nous faisons donc volontier amende honorable et pour notre peine, vous présentons - il faut que justice soit faite - trois villes aux charmes bien différents... Pour ceux qui en veulent davantage, plus de photos dans les albums photos à gauche de l'écran...

Potosi, la colorée

Nous avons déjà évoqué le Cerro Rico, la "montagne magique" qui fit la richesse de la ville, de la Vice-Royauté du Pérou, et de toute l'Espagne toute entière pendant plusieurs siècles...

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Cette splandeur passée a bien sûr marqué la ville, classée au patrimoine de l'UNESCO pour son centre ville à l'architecture coloniale admirablement préservée. Nous avons apprécié déambuler dans les rues grouillantes de Potosi qui sollicitent à chaque instant le regard :

- une facade rouge succède à une autre ocre ; de beaux blasons/armoiries décorent les portes des anciennes demeures des riches exploitants de la mine ; un balcon suspendu en équilibre depuis des siècles interpelle...

- ce sont aussi les perspectives de cette ville bâtie à 4000 m sur de multiples "collines" : un relief qui impressionne et qui a obligé les habitants de la ville à construire escaliers, passages et rampes... Les maisons jouent ici avec la pente au moins autant qu'à Montmartre ou San Francisco...

- enfin, les marchés, tiendas (boutiques) et nombreuses manifestations en tous genres (anniversaire d'un collège, procession, etc.) achèvent de rendre la ville VIVANTE...

Car si Potosi a perdu de sa superbe, de ses éviers de maison en argent massif et une partie de ses habitants (120.000 aujourd'hui contre 200.000 il y a quelques siècles) elle reste animée au pied d'un Cerro Rico qui continue de la faire vivre, même plus modestement.

C'est ce mélange de richesses passées et de modestie retrouvée qui rend à mon sens, cette ville si attachante...

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Sucre, la belle bourgeoise

Capitale constitutionnelle et siège du pouvoir judiciaire, le centre de Sucre frappe par sa blancheur et son extrême tranquilité. Petite ville presque insignifiante sur le plan économique, Sucre est au coeur de la vie politique du pays. Bourgeoise, sereine et presque endormie, elle offre aux voyageurs un havre de paix pour quelques jours.

Nous étions installés un peu comme chez nous dans une pension tenue avec beaucoup de goût par un couple franco-suisse installé ici depuis 2 ans. A la Dolce Vita, toute une promesse, nous avons pu profiter de petits déjeuners sur une belle terrasse ensoleillée, d'un salon avec TV/DVD et nombreux films d'auteurs en francais/anglais, et d'un chat qui dort au pied du lit quand une petite indigestion  indispose pour quelques heures... Bref, une vie douce à souhait, complétée par la rencontre de Richard et Maïté que nous remercions de leur accueil. Maïté travaille dans le campo bolivien pour une ONG belge, quand Richard peint le même campo et ses cérémonies ancestrales (le Tinku). Nous sommes tombés sous le charme de certaines de ses peintures. Pour un apercu de ses oeuvres et de ce qui nous rappelera bientôt notre voyage une fois installés à Lille :

http://www.richardbourgogne.com/VidaAndina.htm

http://www.richardbourgogne.com/TinkuMacha.htm

http://www.richardbourgogne.com/TinkuColquechaca.htm

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La Paz, l'incroyable

L'arrivée à La Paz ne laisse personne indifférent. Installée au coeur d'une "cuvette" à environ 3600m, elle est la capitale la plus haute du monde... Lesquelles d'entre elles peuvent par ailleurs se targuer d'être bordées de montagnes éternellement blanches ?

Après plusieurs jours à traverser la campagne bolivienne, la découverte de La Paz impressionne par sa taille - qu'on embrasse pourtant d'un regard, par le mélange d'edifices anciens et modernes, et par la multitude de ses marchés en tout genre. C'est bien simple La Paz ne compte pour ainsi dire aucun magasin ou supermaché au sens ou nous l'entendons... Tout se passe dans la rue. Assez inhabituel pour une ville de cette importance... Petite exception qui confirme la règle : les boutiques pour touristes Gringos...

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Mais assez parlé des cités. Demain retour à la nature : depart pour un trek de 7 jours dans la Cordillera Real...

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24 avril 2008

On plane à 4 000 !!!

Potosi - La Paz : environ 550 km à plus de 4 000 m d'altitude en 4 jours... Journées de tous les records (altitude, km parcourus, forme presque olympique).

Le premier jour, nous commencons par une belle descente : Potosi se trouve à plus de 4 000 m et nous nous retrouvons à 3 600 m, 30 km plus loin. Les choses se gatent par la suite : Un col à 4 300 m nous attend, soit 700 m de denivelé positif. Un calvaire pour Olivia qui a moins la forme ce jour-là et ressent le mal de l'altitude (nous avons passé 4 jours à Sucre qui n'est qu'a 2600m d'altitude). Il faut dire aussi que les pentes sont plutôt raides ici.

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Avec l'altitude le souffle se fait court et il devient difficile de récupérer ... Pas un seul faux plat pour reprendre souffle et esprits... A 4 100 m d'altitude - nous sommes revenus à l'altitude de Potosi, et après 70 km, Olivia déclare forfait et hèle un camion. Pas de problème en Bolivie, les camions ont l'habitude de prendre des passagers sur le bord de la route... Nous nous retrouvons donc à l'arrière du camion avec nos vélos... et des dizaines de bouteilles de gaz qui roulent sous nos pieds. Le temps passe et les rayons du soleil commence à faiblir... Nous commencons à avoir froid à l'arrière... Heureusement, la ville la plus proche n'est plus si loin et nous l'atteignons à la tombée de la nuit. Le temps de trouver un petit hotel très rustique, de dîner au petit restaurant de la ville et nous nous couchons vers 21h, extenués par l'effort et le froid.

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Les jours suivants, nous parcourons plus de 100 km par jour sur l'altiplano bolivien entre 3700 et 4 100 m. Une route bien droite et sans grand dénivelé, où nous croisons les gens du campo (la campagne), leurs élevages (moutons, vaches, ânes) et cultures (souvent du Quinoa) ainsi que quelques villes et villages sans charme particulier.

Nous retiendrons de ce trajet :

- notre troisième crevaison. Il faut dire que sur la route, il n'est pas rare de trouver boulons, vis et clous...Vu l'état des bus et des camions, cela ne nous étonne guère. En 30 mn chrono, Pierrot est à nouveau d'attaque pour affronter le bitume ! 

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- notre halte pour une nuit à Sica Sica, petit village de l'altiplano où l'ambiance est paisible avec sa petite église et son paysage environnant.

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- La viande séchée sur les fils à linge !

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- notre arrivée sur la Paz. Nous traversons d'abord la banlieue El Alto, une ville industrielle, bruyante, sale (un peu comme nos banlieues...) qui contraste bien avec les 4 jours d'altiplano en pleine campagne. La Paz se situant dans un canyon, nous ne manquons pas le panorama sur la ville à notre arrivée et surtout la descente pour rejoindre le centre historique de la capitale.

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Après ces 4 jours intenses, nous méritons bien un peu de repos...

Hasta luego !

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21 avril 2008

Pour les petits et les grands...

Il parait que les animaux ont la cote aupres des petits. Petit quizz ludique en forme de dedicace a tous nos chers filleuls, neveux, nieces, cousins, petits cousins, amis, etc... Mais aussi pour les grands qui auraient conserve leur ame d'enfant et qui passeraient par ici...

Associez les noms et les photos d'animaux suivants, rencontres recemment au cours de notre periple :

a - Condor

b - Cochon

c - Ane

d - Lama

e - Vigogne

f - Flamant rose

g - Touristes

h - Autruche sud-americaine (Nandu)

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Reponses au cas ou (en allant de gauche a droite et de haut en bas) : b - h - g - f - d - a - c - e

PS : notre appareil ne nous permet pas de photographier d'aussi pres condors et vigognes (tres sauvages). Credits photos indiques sur les images...

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15 avril 2008

Germinal ou la cité d'argent

Mais pourquoi donc Potosi, grande ville de 120 000 habitants, se trouve-t-elle dans les hauteurs et le froid de l'altiplano bolivien à plus de 4 000 m d'altitude - ce qui en fait la ville de cette importance la plus haute du monde ? Tout simplement grâce aux riches minerais du Cerro Rico (la montagne riche) qui la surplombe.

Les mines de Potosi furent découvertes au 16ème siècle et firent de cette ville la plus grande d'Amérique du Sud, bien plus grande que Paris et Londres à cette époque avec ses 200 000 habitants. Le Cerro Rico fut ainsi la plus importante source de richesse de l'empire espagnol pendant plusieurs siècles. On estime notamment que plus de 16 000 tonnes d'argent pur furent expédiees vers l'Espagne entre 1500 et 1660. Une légende dit qu'avec tout l'argent extrait, un pont d'argent aurait pu être construit entre Potosi et l'Europe... au prix de 8 millions de morts.

A la fin du XXème siècle, la plupart des mines nationalisées sont fermées. Pour éviter le chomage, certaines d'entres elles ouvrent sous la forme de coopératives : Chaque mineur travaille pour son propre compte ou par petit groupe. Chacun pour soi... Ainsi l'exploitation de la mine à Potosi est complétement desorganisée. Aucun investissement n'est mis en oeuvre pour améliorer la rentabilité ou les conditions de travail qui restent identiques aux siècles derniers. De même, l'espérance de vie d'un mineur n'a pas changé : 45 ans. Certains évoquent même le travail des enfants dans les mines...

En bons touristes que nous sommes, nous profitons donc de notre halte à Potosi pour visiter les mines et voir les conditions de travail des mineurs. Nous ne serons pas décus...

Pour descendre dans les galeries, nous nous équipons de pantalons, vestes, bottes, casques et lampions ainsi que d'un foulard pour nous protéger des gazs toxiques et de la poussière de silice. Bien mieux équipés que les mineurs eux-mêmes qui y passent pourtant plus de 8 heures par jour...

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Sur le chemin, nous faisons une halte aux marchés des mineurs. Il est de coutume que les touristes visitant cette mine encore en activité, offrent en cadeaux aux mineurs rencontrés feuilles de coca, alcool presque pur (96 degrés), rafraichissements, cigarettes... et même de la dynamite, mèches et détonateurs en vente libre dans les commerces de la ville.

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La visite commence...L'entrée de la mine se fait à 4 200 m... Au passage, une belle vue sur Potosi et sur le Cerro Rico.

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Nous parcourons des galeries noires, étroites et boueuses qui ne permettent pas de se tenir debout - et nous cognons la tête à plusieurs reprises. Lors des passages des wagons remplis de minerais et poussés à la force des bras par des adolescents, nous nous plaquons contre les parois. Plus nous descendons dans les labyrinthes de la mine, plus il fait chaud (plus de 30 degrés). L'air se raréfie. Les foulards ne sont pas suffisants pour nous éviter de respirer la poussière et les gaz toxiques. A certains endroits, la progression s'effectue a 4 pattes en se laissant glisser ou en descendant par des échelles en bois mal ajustées. La mine est un véritable gruyère et à plusieurs reprises, nous nous retrouvons nez a nez avec des trous béants de plus de 15 mètres.

Un peu plus loin, notre guide engage une discussion avec un des mineurs. Abruti par son labeur et ses joues remplies de feuilles de coca - ce qui lui evite de faire la moindre pause dejeuner et anesthesie les douleurs provoquees par la tache - nous avons du mal à discerner les quelques mots échangés. Il ne cesse d'extraire les minerais pendant la discussion. Chaque minute compte pour effectuer le quota de kg de minerais par journée et sortir au plus tôt de cet enfer. Plus loin encore, nous arrivons à l'endroit de déchargement des wagonnets. Les sacs de cuirs sont remplis à la pelle puis remontés à la surface.

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Nous découvrons par ailleurs les croyances des mineurs, dont la cosmogonie s'est maintenue au côté de la religion chrétienne. Le mineur nous faisant la visite nous indique que les hommes, une fois dans la mine, ne croient plus qu'en un dieu : Tio Supay, protecteur de la mine. Nous en croisons plusieurs représentations lors de la visite ; il s'agit d'une poupée qui ressemble à un diablotin à cornes. Dans les entrailles de la terre, les mineurs se sentent plus proches du diable que de Dieu, nous dit le guide.

A chaque entrée et sortie du Cerro Rico, les mineurs lui rendent hommage en déposant cigarettes, alcool et feuilles de coca. 

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Nous sommes restés environ 2h dans ces galeries sombres et profondes. En remontant à la surface, c'est le soulagement : nous retrouvons la lumière, une température agréable et surtout l'oxgène. Poussiéreux, la gorge irritée, nous sommes choqués et exténués par cette visite. Le retour dans la ville avec sa belle architecture coloniale et ses facades aux multiples couleurs tente de nous faire oublier cette expérience éprouvante mais il nous faudra plusieurs heures pour nous remettre physiquement...Cette expérience, les conditions de travail et l'exploitation de cette mine par les Européens à l'époque nous laissent encore pensifs... 

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En lien, voici un article très interessant sur les mines de Potosi (histoire, fonctionnement et actualités) paru dans le Figaro en octobre 2007 que nous vous invitons à lire:

http://www.lefigaro.fr/temp/2007/03/02/04012-20070302ARTFIG90049-en_bolivie_l_appetit_de_la_chine_a_reveille_les_mines_de_potosi.php

Et pour un apercu des conditions de travail de ces mineurs, voici une video retracant une visite dans les mines de Potosi comme nous l'avons vécue :

http://www.dailymotion.com/relevance/search/mines%2Bde%2Bpotosi/video/x4pd9k_mines-de-potosiboliviebolivia-potos_travel

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13 avril 2008

Incahuasi ou l'île aux trésors...

En ce jeudi après-midi, nous nous convaincons une fois de plus que l'aventure est au coin de la rue... Nous préparons donc nos fières goélettes la Niña (Olivia) et la Pinta (du francais pinte, confiée à Pierre) pour un voyage vers l'ouest, à la recherche d'un passage vers une île perdue pleine de richesses. Demain, ce sera donc vendredi, et la vie sauvage des grandes traversées...

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Sentant l'appel du large, nous prenons à droite au coin de la rue... Après 30 lieues dans un estuaire sablonneux, nous approchons de la grande mer blanche et salée d'Uyuni. Rares sont les navigateurs ayant tenté de naviguer plein ouest sur de frêles goélettes d'à peine 3 ou 4 tonneaux (de bière, de viande séchée et de polenta...). La navigation est réputée dangeureuse et l'orientation difficile : aucun point de repère sur cette immensité blanche, des boussoles déboussolées par la concentration en plomb et lithium (1/3 des réserves de la planète) de la mer, des sextans inexploitables en plein jour sur ce grand miroir immaculé...

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Faisant confiance à notre instinct et aux découvertes des Anciens (elle est ronde !) nous nous engageons sans crainte vers l'inconnue. D'après nos calculs nous devrions croiser Incahuasi (l'île du pecheur) après 5 heures de navigation. A plusieurs reprises Olivia, du haut de sa vigilence, annonce la terre ferme, tantot à tribord, tantot à babord... Que nenni ! Ce ne sont que mirages et illusions pour nous perdre. Mais nous gardons le cap... Et nous faisons bien ! Après 5h30 l'île apparait enfin, face à nous. Minuscule (comparable à l'île de la cité) au milieu de cette étendue blanche et plate de 12 000 km2 (superficie de l'île de France)...

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Lorsque nous abordons, nous tombons nez à nez avec de gentils habitants qui nous offrent le gîte. Ils nous paraissent aimables, serviables voire chaleureux une fois partagée un peu de la bière que nous apportons. Par un heureux hasard nous constatons qu'ils parlent la langue du royaume de Castille qu'Olivia connait pour avoir voyagé autrefois dans ces contrées. En son honneur et parce qu'elle appercut l'île la permière, nous appelons nos nouveaux amis, habitants de l'île Incahuasi : Boliviens.

Nous profitons d'un coucher de soleil magnifique et engloutissons goulument soupe, polenta et biscuits. Nous remettons au lendemain l'exploration de l'île et la recherche de ses trésors. A notre réveil, nous en faisons le tour, gravissons jusqu'à son point le plus haut. Point de trésor mais des cactus millénaires par milliers...

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Où est l'Eden promis ? Pas d'eau, des températures largement négatives la nuit, pas la moindre trace d'or ou d'argent... Après plusieurs heures à courrir l'île nous nous faisons une raison. Mais nous rappelant nos poésie de CM2, nous nous remémorons soudain ce bon vieu laboureur qui disait à ses enfants :

"Pédalez, prenez du plaisir

C'est la forme qui manque le moins."

Nous n'oublierons jamais ces deux jours à pédaler sur le salar, le sentiment de liberté unique éprouvé, l'horizon sans limite...

Et de conclure : "le voyage est un trésor..."

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10 avril 2008

Magnifique Sud Lipez

Une fois franchie la frontiere bolivienne nous choisissons de prendre le bus jusqu'a Tupiza. Jolie ville tranquille du sud de la Bolivie, au porte du Sud Lipez.

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Tupiza et son ecrin de montagnes rouges

Mais qu'est-ce donc que le Sud Lipez ? Il s'agit de la partie la plus australe de l'altiplano bolivien, dans la province de Potosi. Cette region qui se situe a plus de 4000m est extrement aride, froide et venteuse, toute proche du desert d'Atacama chilien (repute le plus aride du monde, les experts pensent qu'il n'a recu de pluie depuis 4 siecles). Elle compte environ 5000 ames pour une densite de 0.3 hab/km2. Autant dire que ceux-ci jouissent d'un espace immense mais pas de l'electricite (les panneaux solaires font depuis peu leur apparition). La region est reputee pour la beaute de ses lagons (verts, blancs, rouges, etc.) ses deserts, montagnes et volcans a plus de 6000m, ses geysers, ses flaments roses, vigognes, lamas, etc.

Pour les amis cyclo-touristes de passage sur ce blog, il est possible, bien motives, equipes contre le froid et le vent et remontes comme une pendule, de traverser ces 500 km depuis San Pedro de Atacama jusqu'a Uyuni. Les informations sur les rares points d'eau, endroits abrites et indications n'etant pas facilement disponibles nous relayons ici celles donnees par deux cyclo francais (merci a vel'harmonie dont les coordonnees sont indiquees en tete du fichier joint) :

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En ce qui nous concerne, la perspective d'un salar recouvert d'eau (ce qui ne sera finalement pas le cas de justesse), le vent et le mauvais etat de la route nous auront fait passer notre tour pour cette fois. Nous choisissons la version luxe en 4x4...

Petit apercu en images - ca se passe de commentaire :

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Notre periple de 4 jours et 3 nuits avec les Sebastien Loeb (Marco) et Maite (Sonia) boliviens nous aurons permi de parcourir 1250 km dans des paysages grandioses et uniques, en compagnie de Melanie (je bosse mon suisse-allemand) et de Nicky (australienne). L'aventure se termine par la traversee du celebre Salar d'Uyuni.

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Mais que vois-je ? Point d'eau sur le salar ? Mais alors nous pouvons le parcoucir a velo ? Youpi !

A suivre...

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Posté par Pierre et Olivia à 23:15 - - Commentaires [0] - Permalien [#]